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J'ai arrêté de lire. Aller aux commentaires
02 avril 2015

Hi'.

Sous ses aspects inutile et égoïste, cet article veut vous rappeler à quel point l'attention de votre lecteur est fragile.

Les gens ont dû s'en rendre compte, je commente rarement. Et en général je commente ce que je lis. Donc yup, même si je passe chaque jour environ quatre à cinq fois sur le site, la majorité du temps je soupire en regardant les nouveaux textes et j'en reste là. Et si c'était tout ce que j'avais à dire j'aurais sans doute été candidat au prix du plus grand gâchis de bande passante, mais allons plus loin.

Comme n'importe quel lecteur, j'ai mes préférences. Déjà, si vous avez fait une traduction, c'est mort : je ne m'intéresse qu'aux textes franco-francophones (quoique, le Seepferden me tente pour l'exotisme). Ensuite, si vous avez fait une de l'NSFW, c'est mort. Et si vous avez fait une romance, il vous faudra un sacré bon titre / synopsis pour que je vous donne une chance.

Mais.

Déjà, des préférences, on en a tous. Et il reste quand même bien 50% des textes qui sont de l'aventure, de la comédie ou peu importe... alors pourquoi ceux-là je ne les lirais pas ?

C'est là que cet article commence à être un crin plus intéressant. Il se trouve que ces textes, en général, je prends la peine d'en lire le synopsis et, même, dans la majorité des cas, les premières lignes.

 

1
Absolute Zero

J'ai vu l'image, j'ai vu le titre et je me suis dit "texte d'aventure épique". Par chance je n'ai pas lu le synopsis qui, de toute manière, ne m'aurait rien dit ("blablabla méchant glace méchant blabla mystère blabla greuh") désolé mais punaise des menaces du nord vous savez combien il y en a à la minute ?! J'ai déjà fait un article sur les synopsis et c'est pas le sujet mais comme dit, si j'avais lu le synopsis j'aurais déjà été refroidi. Ah ah.

J'aurais quand même lu le début du texte parce que le titre reste cool et que s'arrêter au synopsis c'est quand même malheureux.

Voici le début :

La solitude.

Réfléchissons ensemble à ce concept un instant. Il existe différents degrés de la solitude, allant du mal à l'aise en présence d'autres individus à l'isolement complet et définitif...

Déjà, on m'a donné le thème. C'est la solitude. Je sais déjà de quoi l'ensemble du texte me parlera après deux mots. Merci. Merci ! Je ne passerai plus quinze paragraphes à me demander de quoi on parle et entendons-nous, pas besoin d'être aussi brut de décoffrage que ça, mais ouais, là au moins le texte joue cartes sur table.

Ensuite, le texte m'interpelle (grmf) et me dit "réfléchissons". Réfléchir ? Hay yes! J'aime réfléchir ! Mais au-delà de ce petit plaisir, le texte me rend actif. Il va me dire des trucs et sa consigne c'est "réfléchis-y". Et effectivement, le passage qui suit pose le problème du texte : la solitude extrême, sans échappatoire, et ses conséquences.

Je veux insister sur ce point précis : là, le texte me fait un exposé scolaire, il ne se passe rien per se (on n'a même pas encore introduit un héros pour troncher du méchant ou compter fleurette) mais je suis actif. Je sais pourquoi je lis ce texte et j'y participe, je réfléchis à ce qu'on me dit, je le juge et je me fais mes propres idées. J'aurai l'occasion de revenir sur l'activité du lecteur en juillet mais bon sang que ça fait plaisir.

Conclusion ?

Ce début de fiction est classique, c'est une introduction avant l'histoire même et qui pose le contexte. Pour les plus jeunes ça peut même être barbant parce que "quand c'est qu'elle vient l'action ?!" Mais pour un grognard comme moi, le texte me dit de quoi il parle et me donne les moyens de m'y investir.

J'ai donc accroché et continué à lire.

 

2
Quand une vie s'éteint

Si le titre n'était pas assez clair, l'image vous donne la couleur : ce sera un texte sniff-sniff, c'est-à-dire triste. Je n'aime pas vraiment ce genre, mais je peux l'apprécier.

Donc, pour m'encourager, j'ai lu le synopsis :

Le moment où l’on perd un être cher, tous les maux d’Equestria apparaissent comme invisibles, insignifiants, on se rend compte à quel point la vie est précieuse. Applejack n’est pas épargnée. Il y a des cas où les personnes ne comprennent pas et pour ces cas elles ne comprendront peut-être jamais…

Okay donc je reprends. Quand on perd quelqu'un c'est triste. Non. Sans rire. La moitié du synopsis me balance une banalité. Et okay je sais, c'est super triste c'est clair, c'est dévastateur et toutes les hyperboles que vous voulez mais c'est la base ! Là vous ne me dites rien !

Seconde partie, on me dit que ça concerne Applejack et enfin on me donne le thème du texte, ce qui le rend particulier : on va parler de l'incompréhension. Pourquoi ne pas avoir commencé par là ?!

Certaines personnes ne comprennent pas ce qu'on peut ressentir quand on perd un être cher. Peut-être même qu'elles ne comprendront jamais. Applejack y est confrontée à son tour...

Voilà, ça reste vague, ça reste... pas très engageant pour moi mais c'est plus court, plus clair et plus percutant. En prime on peut se demander si Applejack est celle qui perd l'être cher ou celle qui se montre bornée, et cette simple question crée une tension qui peut attiser l'intérêt. Encore une fois je ne suis pas censé parler des synopsis mais mince...

Je ne suis pas allé plus loin.

Ouais, le synopsis n'est pas très engageant mais là c'est purement subjectif, au sens où des personnes qui ne comprennent pas qu'on soit triste parce que QUELQU'UN EST MORT... sérieux ? Dans MLP ? Et en disant même qu'on arrive à trouver le cas le plus asocial d'Equestria, AJ elle a cinq keupines et deux cents membres de sa famille pour lui remonter le moral ! C'est quoi ce point de départ de...

Mais c'est subjectif et encore à présent, si je consacrais plus de temps pour ça, j'irais quand même lire.

 

3
La légende de Mégane

Jusque-là j'ai parlé de textes que j'ai voulu lire parce que ben voilà ils existent et j'aime bien la fanfic'. Mais quand j'ai vu que le texte était écrit par Acylius, dans ma tête ça a fait "okay, ce texte sera forcément génial". J'ai donc sauté la case synopsis et plongé dans le texte.

La lumière tombait sur les murs de pierre, fugace et dansante. Trois poneys s’avançaient avec prudence dans le sombre tunnel, à la lueur de la corne de celui qui marchait en tête. Les deux autres...

Cette introduction est plutôt bonne. La lumière permet d'introduire les murs, les murs nous amènent au tunnel qui nous amène aux trois poneys qui nous amènent à la corne qui nous ramène à la lumière, excellent. Petit hic, on introduit les poneys avant le tunnel mais eh, ça arrive. On rajoute que la lumière est décrite, que l'avance est détaillée et on peut facilement s'immerger.

Ouais, Acylius sait quand même y faire.

Pourtant j'ai décroché.

Et c'est là que je me suis dit qu'il y avait un sérieux problème avec moi. J'adore les textes d'Acylius, je ne vois pas de problème à la narration mais... ben...

C'est du JdR. Je suis dans un tunnel lambda avec trois poneys lambda (à ce stade) qui s'avancent de façon lambda avec la lumière lambda, et là j'avais dit qu'elle avait l'avantage d'être décrite, mais "fugace et dansante", surtout "dansante", c'est un détail qui revient constamment dans tous les textes. C'est effectivement ce que fait une torche en mouvement sur de la pierre, elle semble "faire danser les ombres".

Ça fait deux phrases et il ne se passe rien ! J'ai l'impression d'être à une séance de Warhammer avec mon groupe de mercenaires, à guetter du Skaven.

Pour les besoins de cet article je suis quand même allé voir et ce n'est qu'après un paragraphe et deux répliques qu'on a enfin le contexte :

Découvrir une tombe de cette taille...

Okay, on est dans une tombe, je peux commencer à réfléchir. Et bon, soyons honnête, je me plaignais du côté JdR mais ce n'est pas forcément un mal : les poneys aussi peuvent aller s'aventurer dans des donjons et combattre des gogoles. Mais même alors, j'ai besoin d'un thème. Et là, même après m'avoir mentionné la tombe, je n'en ai toujours pas. Est-ce qu'on va parler du passé d'Equestria ? Est-ce qu'on s'intéresse à la généalogie d'un personnage ? Un méchant, une malédiction ? Et d'accord, le texte me dit que la tombe est spéciale, mais pour ce que j'en sais on va découvrir que c'est la tombe de Luna et que le porte-manteau nocturne à Canterlot est une imposteure.

Okay d'accord le titre (et le synopsis, si je l'avais lu) m'auraient aidé mais voilà quoi... eeeeet je viens de réaliser que ce texte est probablement le défi pour lier G1 et G4. Je note. Quoi qu'il en soit, quand je me plains qu'il y a trop de mystère, ce n'est pas pour rien : le lecteur peut décrocher très, très vite.

 

4
Fragments

Comparé à La légende de Mégane, Fragments a un style disons... moins maîtrisé. Là aussi, je me suis dit qu'au titre le texte serait sympa' et j'ai sauté le synopsis.

"Friendship Cottage, veuillez rectifier votre trajectoire, vous déviez de quelques degrés par rapport à l'azimut du ponton d'atterrissage."

C'est bon, ce texte m'a accroché.

Déjà, on est clairement sci-fi, ou comme on dit, "ponies in space". C'est ponifié parce que nom du vaisseau, c'est sci-fi parce qu'azimut et ponton et c'est "in media res", on me jette tout de suite dans le bain. On a un vaisseau qui visiblement a du mal à se poser, la tension est immédiate et j'ai déjà tout le contexte pour m'y intéresser.

'Me manque encore un thème mais je ne suis pas aussi pressé.

Twilight sursauta presque dans son cockpit à l'entente de cette voix brouillée par la déformation...

Etc... vous savez quoi on va sauter quelques phrases, c'est le style qui veut ça,

...le regard de Twilight s'attarda anormalement sur sa main.

D'un violet clair, comme d'ordinaire donc.

Okay, j'ai loupé le tag "humain". Ouais c'est le défaut de se jeter directement dans la fic', et pour être honnête ça m'a refroidi. C'est moins marrant de voir piloter des humains, j'aurais été intéressé de voir une énième fois comment les poneys s'en seraient sortis.

Mais revenons à l'histoire.

Twilight sursauta à nouveau, avant d'appuyer sur un bouton au sommet de son levier, énonçant à voix haute :

"Bien reçu. Correction de trajectoire."

Ta mère. Je rappelle que jusqu'à présent toute la tension du texte se résumait à ne pas louper l'atterrissage. Problème réglé en... une réplique. Deux phrases. Cinq mots. Punaise.

Alors là je pourrais râler que c'est Twilight, qu'elle serait bien gentille de paniquer un minimum, de surréagir un brin mais bon, en même temps c'est une pilote entraînée donc c'est normal qu'elle garde la tête froide. Non, ce qui me dérange c'est que ça fait minimum trois paragraphes, sans compter les reliquats, que je subis cette tension et qu'on me la règle avec un claquement de doigts.

Si j'avais eu la patience de lire quelques phrases de plus, j'aurais découvert la véritable tension, le véritable problème, qui était :

Pourquoi avoir réagit de la sorte ? Elle n'avait même pas répondu au premier appel, alors que c'était la procédure !

Comportement inhabituel, influence sur le personnage, c'est bon, je peux me mettre à réfléchir : je suis de nouveau actif. Et je commence à me faire une idée du thème du texte, en tout cas dans ma tête à ce stade ça fait "probable que ce monde ne devrait pas être comme ça, etc." avec le thème de l'identité et tout ça. Très bien.

C'est trop tard ! Ça fait trois phrases que j'ai ragequit le texte ! Ça aussi je râle constamment dessus mais pour un lecteur dont la patience se compte en secondes, c'est l'élimination directe, allez en prison sans passer par le start. Si au lieu de secouer la tête et de se concentrer pendant deux paragraphes à ne pas poser son appareil -- parce que sa main est 'achement plus intéressante -- Twi' avait fait "mince qu'est-ce qui m'arrive" j'aurais pu continuer le coeur léger.

 

5
Conclusion

La principale explication au fait que j'ai arrêté de lire est ce manque constant de patience. J'ai mille préoccupations, ne serait-ce que mes propres textes et bref, j'hésite à me lancer dans des lectures plus ou moins longues. Il y a d'autres facteurs, comme la crainte que les commentaires soient mal pris ou encore le contexte étrange d'MLP Fictions qui me fait attendre des textes "finis" et donc avec une sorte de "garantie qualité" ou quelque chose, d'où que je suis beaucoup moins tolérant que sur un forum.

Eh. J'ai beau aimer les poneys, je reste humain.

Mais ce que je constate, c'est que l'envie de lire est toujours là. J'ouvre toujours les textes, je commence à les lire et ce sont souvent de "bêtes détails" qui m'arrêtent. L'absence de thème ou de contexte, la passivité... Quand j'ai vu que j'allais laisser la légende de Mégane "pour plus tard" alors que je m'étais volontiers plongé dans Absolute Zero, je me suis dit qu'il y avait vraiment un problème et je voulais cerner ce que ça pouvait être.

Donc oui, ça peut venir de moi, et pour une grande part c'est le cas. Mais, et c'est vraiment important : vous devez, le plus tôt possible, dire au lecteur de quoi votre texte parle. Vous devez lui donner une tension, vous devez le rendre actif. Je sais que c'est très abstrait, assez difficile de s'en faire une idée et probablement que moi-même dans mes textes j'échoue lamentablement mais c'est important.

Parce que si tous vos lecteurs ressemblent à moi -- et fort heureusement ce n'est pas le cas -- alors en deux phrases vous pouvez l'avoir perdu.

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Brocco
Brocco : #17354
@Vuld :

Je trouve que tes deux exemples se situent dans un champ différent, le premier étant de la nature et le second étant plus ou moins celui de la culture. Ainsi, en arrivant en Amérique, les chats n’ont pratiqué aucun génocide sur les communautés d’oiseaux, qui n’étaient pas du tout adaptées à ce prédateur. Par contre, on peut considérer que les colons européens ont bien réalisé un génocide chez les amérindiens.

Bon après, là aussi, c’est la porte ouverte à d’interminables palabres (génocides ou ethnocides ? les chats sont-ils des enculés ?). Reste que certains passages de mon texte étaient sans doute écrit d'une manière bien trop subjective en effet.

En tout cas, un article sur ce sujet serait sans aucun doute très intéressant.
Il y a 3 ans · Répondre
Vuld
Vuld : #17327
@Brocco Là tu me demandes de faire un cours complet de sémantique (lexicale), avec distinction entre signification et sens, dénotation et connotation... champs sémantiques... ça demanderait un article complet.
Je dirai juste que tu considères assassin comme un terme neutre "pour toi", mais que ce n'est pas forcément comme ça que le considèrent 99% des francophones.

Autrement dit tu es subjectif.
En tant que tu as ta propre définition de l'infortune, et que je ne veux pas donner l'idée fausse qu'il n'y aurait qu'un usage unique à ce terme, je ne peux pas te démontrer que yup, ce terme est connoté moralement.
Je peux juste faire observer que, tout comme une proie est victime d'un prédateur, une communauté est victime de génocide. Dans les deux cas c'est objectivement la faute à pas d'bol. Si c'est la faute à ceux qui les tuent, bah alors c'est la faute au prédateur.
Dire qu'un animal est infortuné, c'est déjà lui appliquer une notion humaine, un jugement.

Mais bref. Il faudrait un article complet. Et d'ailleurs eh, pourquoi pas...
Il y a 3 ans · Répondre
Brocco
Brocco : #17321
@Vuld : En effet, là on touche à l’aspect sémantique de chaque terme. Personnellement, j’ai tendance à considérer assassin comme un terme neutre car justement pour moi, il n’y a aucune dimension passionnelle dans l’assassinat, au contraire du meurtre – du moins au niveau du rapport victime-assassin. Pour aller plus loin, le fait d’être un assassin est souvent un moyen de subsistance, donc indirectement de se nourrir.

De même pour infortunée. Y-a-t-il vraiment ici une dimension morale ? A mon sens, on a ici l’idée de malchance par rapport au hasard de la vie, lui aussi fondamentalement neutre.

Après je ne suis pas linguiste et même si ce sont pourtant des questions que je me suis posé en écrivant cette phrase, je ne suis pas allé jusqu’à fouiller dans leur sémantique originelle. Peut-être à tort.
Il y a 3 ans · Répondre
Vuld
Vuld : #17295
@Brocco Tu defies le langage, la. Pas de dimension maorale ? "Infortunees", "assassin" sont charges moralement. C'est ce qu'en linguistique on appelle des semes, les unites semantiques minimales. Un soldat est un assassin de metier, mais si tu le traites d'assassin tu pars du principe qu'il est mauvais.
Si tu veux rendre cela neutre, il te faut utiliser des termes neutres, jon-connotes, non charges de ces semes.

"Au chant des oiseaux, aux gresillements des insectes les proies expiraient sous les griffes des betes."

Vala' c'est triste c'est la nature et tu n'as pas applique une notion humaine de justice pour designer le predateur. Je vais e general plus loin, "les betes chassaient les betes" ou la tu ne peux carrement plus distinguer les uns des autres, si tu veux etre absolument neutre.

Ce n'est pas une question de sensibilite - meme s'il y a l'importance du contexte - c'est une question de semes. Ca vient du texte.
Il y a 3 ans · Répondre
Brocco
Brocco : #17292
@Vuld :

J'imagine bien que mon texte est loin d’être parfait et que des améliorations seraient toujours possibles, cependant j’ai beaucoup de mal à suivre ton argumentaire parce que je pense que nous avons un problème quant à la perception d’un même sujet.

Tu inclus une dimension morale ("meurtre", "mauvais") là où selon moi, il ne devrait pas y en avoir. Everfree est sauvage ? Oui. Dangereuse ? Sans doute ? Mauvaise ? Non, la nature n’est pas mauvaise, elle est neutre. Si encore j’avais parlé de poneys qui chantent pendant que d’autres tuent leur femme, là il y aurait eu contraste parce que dans ce cas, nous sommes dans un contexte "civilisé" où les notions de bien et de mal ont cours. Mais qu’un merle gazouille avant de se faire bouffer par un prédateur quelconque, ce n’est ni positif, ni négatif. C’est.

Je pense que l’on a ici un bon exemple de la différence d’interprétation qu’il peut y avoir d’un lecteur à l’autre en raison des différences de sensibilité quant à certains sujets. Et ça, ce n’est pas facilement gérable.
Il y a 3 ans · Répondre
Vuld
Vuld : #17276
@LordAngelos Force de te donner raison, j'ai effectivement des exigences plus grandes. Et comme je connais trop bien ce cote perfectionniste qui etouffe le plaisir d'ecrire, effectivement, je ne peux ni demander que les gens s'ameliorent miraculeusement, ni meme qu'ils ecrivent comme je veux - ce serait du formatage inquietant.
Donc yup.
Cela dit, l'exigence ne se situe pas au niveau des figures de style type zeugmes, chiasmes et autres imparfaits du subjonctif.
Au final, je repense a "Salut les Equestriens" qui ponifiait SLG. Le concept etait genial mais au final... bah meme en insistant sur trois chapitres je n'avais eu qu'une HiE lambda. J'aimerais profiter de l'histoire d'un Klutu ponifie, j'aimerais decouvrir la tombe de Meghan, je n'aurais rien non plus contre des batailles spatiales avec Twilight et je voudrais vraiment continuer a lire cette histoire de changelin adopte. Mais je n'arrive pas a profiter de l'histoire.
C'est du a l'impatience, mais l'impatience met au jour ces lacunes auxquelles on ne pense jamais ou que, pour etre honnete, on ne comprend pas, comme l'atmosphere ou la tension.

Parce que si on y regarde formellement, en faisant abstraction de "l'effort" fourni par le lecteur, alors le tombeau est impeccable, Twilight se pose tres bien et Brocco ferait facilement un sans-faute.
C'est quelque chose que je dis souvent aux debutants qui ne decrivent pas : ca passe parce que le lecteur ajoute la description pour vous, mais ce n'est pas le boulot du lecteur.
Ici, oui je pourrais supposer que le tunnel est important ou que l'Everfree fait peur, mais normalement c'est au texte de m'interesser, c'est le texte qui me dit ou regarder et pourquoi.

Et pour ceux qui comme moi ne sont pas partisans de tenir la main au lecteur pour une visite guidee sur rails, dites-vous que la politique inverse, laisser le lecteur se debrouiller, ca donne Deesses.
Il y a 3 ans · Répondre
LordAngelos
LordAngelos : #17274
Tu as peut être un manque de patience, mais en te lisant j'aurais plutôt tendance à penser que tu est devenue plus exigeant. C'est loin d'être un mal, c'est au contraire plutôt bienvenue quand on souhaite s'améliorer.

Seulement, là où ton exigence coince, c'est que tu semble vouloir que tes conseils soient très vite appliqué par les jeunots en littérature. Tu viens d'un enseignement littéraire, toute tes petites règles de tournure, de rythmique, tes méthodes pour l'ambiance etc ... sont surement une broutille pour toi, mais ça peut être extrêmement compliqué à suivre pour d'autre.

Si je prend juste mon cas, j'essaye (quand j'y pense) de penser à ces règles, et ... ben bon sang, ça peut très facilement me bloquer sur une bête phrase, et me freiner tout mon élan de motivation. Alors oui, je sort des trucs auquel je n'aurais jamais penser sans y avoir réfléchit. Seulement, c'est au détriment de la passion que je met dans le texte, souvent je doit me forcer après ma "perle" (je ne soutient pas de faire des trucs de qualité pour autant), et ça se résume à quelques phrases voir mots avant d'abandonner pour la prochaine fois.

Ce que j'essaye de dire, c'est que MLP fictions contenant beaucoup de débutants en littérature, où même certains vétérans sont loin d'être des pros, tu n'auras que difficilement réponses à tes attentes. Je ne défend pas la fainéantise de s'améliorer, juste du temps qu'il nous faut pour nous améliorer. C'est comme au dessin, juste pour savoir faire une jolie courbe, ça peut prendre des année.
Modifié · Il y a 3 ans · Répondre
Vuld
Vuld : #17270
@Brocco Un, cet effort je l'ai fait sans t'attendre et j'ai decroche juste un peu plus loin, a la curiosite des animaux. Pourquoi ? Parce que, deux, le probleme est exactement le meme, celui du contraste, tu balances des passages qui essaient d'etre serieux la ou ils n'ont rien a faire.
Tu veux faire waah l'Everfree c'est meuchant okay, mais alors ne commence pas par me dire que les oiseaux chantent. Quand tu commences par la et qu'ensuite tu passes au meurtre, l'effet est universellement comique, #litterature.

Ce qui nous amene a, trois, la remarque d'Acylius. Perso' je n'avais pas lu les tags, le titre me suffisait, mais mettons que ca revienne au meme, tu dis que j'ai mal interprete tes premieres phrases parce que j'ai lu les tags ? Acylius me reprochait au contraire de mal interpreter les debuts de texte parce que je ne les lisai pas !

Je veux bien etre subjectif, mais si je decroche je decroche, dans le cas de ton texte deux fois pour le meme probleme, c'est peut-etre que ca pourrait tres eventuellement venur du texte...
Et, pour rappel, oui la majorite des lecteurs auront plus de patience que moi, mais ce n'est pas une raison pour ne pas vouloir ameliorer ses textes.
Il y a 3 ans · Répondre
Brocco
Brocco : #17266
@Vuld :

Faire apparaître Klutu dès le départ ne serait pas vraiment du spoil vu que l’on s’attend forcément à la voir arriver. Par contre, et en effet, je trouve que cela signifie qu’il faut rentrer directement dans le vif du sujet, ce qui me chagrine un peu.

Cependant, là où l’on voit vraiment le caractère éminemment subjectif de chaque lecteur, c’est à ton interprétation de la seconde phrase du chapitre. Si la blague est mauvaise, c’est parce qu’il n’y en a aucune ; cette phrase n’a aucune vocation à porter le moindre élément de comédie, c’est tout simplement le bruit d’une forêt, baste.

Alors oui, j’utilise sans doute beaucoup trop de mots pour décrire quelque chose au final très simple mais c’est totalement volontaire. La première partie du premier chapitre est globalement écrite de façon à poser une ambiance lourde – comme j’en ai l’habitude – pour ensuite la désamorcer sur la fin via un élément comique inattendu. Le reste du chapitre est ensuite globalement plus léger.

Certes, l’on pourrait critiquer une entrée en matière aussi lourde et c’est pour cette raison que plusieurs petits éléments plus humoristiques sont disséminés dans cette partie, de telle façon à attiser la curiosité du lecteur avec cet étrange mélange. Du genre "ah merde on dirait du Brocco classique mais alors qu’est-ce que ces conneries font là ?"

Ainsi, le premier passage comique est en réalité le suivant : "Dans certains cas, il vous était même possible d’ajouter à cette symphonie vos propres hurlements s’il venait à l’un des nombreux prédateurs qui rôdaient ici l’envie d’essayer quelque chose de nouveau, histoire de changer un peu du quotidien."

Soit la troisième phrase !

Le premier paragraphe de ma fic est volontairement construit pour balancer d’entrée la dualité entre sérieux pesant et éléments absurdes. J’avais juste le fol espoir qu’on le lise au moins entièrement avant de s’arrêter à la seconde phrase suite à un malentendu (sans doute influencé dans ton esprit par la présence du tag "comédie").

Bref, sans doute y-a-t-il aussi maladresse de ma part mais je pense aussi que tu t’es laisser entraîner dans la surinterprétation. Et vu qu’en plus le sujet a l’air de t’intéresser, je t’invite tout de même à faire un certain effort, tes conseils seraient sans aucun doute les bienvenus.
Modifié · Il y a 3 ans · Répondre
Vuld
Vuld : #17241
@Brocco Encore une fois, oui et non.
Si le texte ne plaît pas, si ça ne convient pas au type d'en face, eh, on n'y peut rien.
Mais non, parce que tu tombes justement dans la dérive du "dire de quoi on parle c'est tout spoiler dès le départ !" Alors que non, Absolute Zero ne spoile que dalle et Fragments, en disant qu'un pilote se pose, n'a même pas encore esquissé l'outre-espace.

Le problème n'est pas que tu prennes une moitié de paragraphe à dire que tout est beau les zoziaux et p'tites fleurs. Tu débutes par "Everfree ne dormait jamais" et c'est déjà une bonne accroche : on va parler d'Everfree, elle est active, c'est autant un danger qu'une découverte, c'est bon on en demande pas plus.
Là où ça cloche, c'est :

"Les oiseaux chantaient, les insectes grésillaient et d’infortunées créatures laissaient échapper un dernier râle d’agonie alors que leur assassin donnait libre cours à l’euphorie de la victoire."

Je sais que c'est censé être un texte comique -- je l'avais deviné au titre, j'ai vérifié les tags -- mais c'est pas du bon humour.

"Les oiseaux chantaient, les insectes grésillaient, les uns mouraient et les autres étaient contents."

Alors oui, on peut arguer que nos versions sont juste différentes et qu'il s'agirait de types d'humour plutôt que de questions de style, mais ici tu cherches à créer un contraste et tu ne le crées pas au bon niveau.
La partie "joyeuse" de ta phrase est écrite très simplement, deux "phrases" en six mots, c'est expéditif, c'est simple et frais. La partie "pas joyeuse" de ta phrase met vingt mots pour deux phrases dont une subordonnée à cause de deux périphrases coup sur coup : c'est long, c'est lourd et ça n'a plus rien à voir avec ce qui précède.
Dans ma version ?
Trois mots, trois mots, trois mois, quatre mots, la même ambiance tout du long et la mort passe comme une anecdote. Je joue aussi sur la formule usuelle "tout le monde était content" à la fin et je brise légèrement la chaîne avec mon adjectif final.

C'est donc là que j'ai décroché dans ton texte. Pas parce qu'il est mauvais, l'idée d'un Klutu comique est vraiment très engageante, mais parce que dès le premier trait d'humour il y a une lourdeur formelle qui tient plutôt de la maladresse que du style.
Et il faut comprendre que, si le texte est bien fait, les premières phrases représentent ce qu'on lira pendant des pages et des pages. Alors si la première blague est mal dosée, je dois m'attendre à ce que toutes les blagues puissent l'être, et ça ça signifie une lecture pénible.

Donc oui, tu peux te dire "Vuld n'aime pas mon humour" et c'est tout à fait possible, et tu n'as pas non plus à te plier à des lecteurs trop impatients. Entendu.
Mais tu peux aussi juger que l'endroit qui m'a fait décrocher peut être revu formellement, et que c'est une piste pour s'améliorer.

Parce que mince, un Klutu ça a l'air vraiment marrant.
Il y a 3 ans · Répondre

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Renard râleur, linguiste critique et correcteur, traducteur, littéraire et logicien.

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