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Shattered Prism

Une fiction traduite par System.

Mon sang-froid

« Pinkie Pie ! s’exclama une voix familière. Ouvre. Il faut que je parle avec Dash. »

Par réflexe, je me mis en boule, sachant que la magie de Twilight serait la dernière chose que je verrais avant de disparaître. Lors de l’incident de l’étang, j’étais restée à flotter dans la salle pendant qu’elle éliminait les Pinkie Pie par douzaines. Toutes gonflaient, explosaient et étaient renvoyées sous la forme d’une volute rose. Est-ce que ça fait mal ?

« Oh, salut, Twilight ! Mmh. » Pinkie mit un casque et prépara sa voix. « Dash n’est pas là pour le moment. Veuillez laisser un message après le bip, répondit-elle, avant de produire le son en question.

— Mais que… » Twilight se matérialisa dans la pièce avec un bruit sec retentissant. « Pinkie, je ne joue pas ! Je m’inquiète pour Dash. »

Je roulai sur le côté pour me cacher sous les couvertures. Ça ne pouvait pas se finir comme ça, elle était venue me faire disparaître... non, me tuer. C’était comme avec le comte Vlad ; il avait été obligé de tuer Daring Do lorsqu’elle en avait trop su ! Twilight allait me faire exploser, créer un nouveau clone et puis recommencer.

« Twilight, c’est malpoli ! » Pinkie ouvrit la porte et essaya de la mettre dehors. « Tu n’as pas le droit de te téléporter chez quelqu’un et de lui faire peur.

— Pinkie, je veux juste discuter. D’accord ? »

Pinkie arrêta ses efforts vains et regarda dans ma direction. « Je ne pense pas qu’elle veuille te parler. »

Twilight déplia ses ailes lorsque Pinkie fit une autre tentative pour la mettre à la porte. « J’ai appris ce qu’il s’est passé à l’hôpital. Dash a pris peur, et, quand l’infirmière a demandé ce qui n’allait pas, elle a frappé deux aides-soignants en plein visage ! »

Je jetai le drap en l’air, exaspérée par leur débat sans queue ni tête. « C’est faux ! J’ai découvert qu’ils avaient falsifié mon dossier médical. Tu m’as remplacée par une copie ! J’ai trouvé toutes les preuves grâce à Daring Do et l’Invasion… »

Twilight explosa de rire. Je sautai à terre et me dirigeai vers elle.

« Qu’est-ce qui te fait rire ?! Relève-toi, que j’enlève ce sourire de ton visage ! » hurlai-je.

Lentement, elle parvint à reprendre son sérieux. « D… désolée, Dash. J’ai cru… j’ai cru que tu avais rechuté. Tu as vraiment fait tout un foin à cause d’un livre ? Daring Do et l’Invasion des profanateurs n’est qu’une histoire.

— Tais-toi ! » répliquai-je. Elle me provoquait délibérément avec ses belles phrases et ses mensonges sans fin pour cacher ce qu’elle m’avait fait. J’allais lui montrer à quel point j’avais rechuté avec un crochet du droit bien placé.

« Dash, attends, intervint Pinkie. Twilight, c’est malpoli de se moquer d’un autre poney, surtout quand il a peur. Et puis, Dash, tu sais que tu ne t’en sentiras que plus mal en la blessant. Pourquoi ne pas discuter de ce qui ne va pas ?

— Ce qui ne va pas, c’est que Dash est convaincue de la véracité de théories absurdes. Il n’y a pas de conspiration, ni de vampires ou de zombies. Elle va très bien, dit Twilight, qui avait retrouvé sa fermeté initiale.

— Non, ce qui ne va pas, c’est que tu m’as menti. Je me suis introduite dans l’hôpital et j’ai vu le vrai dossier. Je sais qu’il a été modifié pendant la nuit. Et je t’ai entendue parler avec Nurse Redheart du sort que tu as utilisé pendant mon opération, juste après m’avoir dit que je n’en avais subi aucun ! »

Je sentais ma colère monter face à son audace. Elle me mentait devant Pinkie Pie et trouvait amusant que je me sois emportée à cause d’un livre d’aventure. J’avais juste envie de frapper quelque chose. Je ne me rendis même pas compte que je venais de ruer dans le mur derrière moi, faisant sauter quelques éclats de plâtre et de peinture.

Twilight ne souriait plus. Elle se tenait simplement là, me fixant intensément. Elle avait l’air de lutter pour ne pas éviter mon regard.

« Alors, c’est quoi le truc, hein ? lui assenai-je, puisqu’elle ne semblait plus aussi intimidante. Je sais que tu as mis Applejack sur le coup, elle ne sait pas mentir ! Elle m’a dit que vous essayiez simplement de m’empêcher de retenter l’acrobatie – pathétique. Et Fluttershy ? Est-ce que t’as utilisé ta magie débile pour l’obliger à venir te chercher si jamais j’allais la voir ? Est-ce que tu as lobotomisé tout le monde sauf Pinkie ? »

Twilight leva un sabot pour m’interrompre. « Dash, tu es confuse. Tu t’es écrasée à Mach 1. Tu ne devrais pas être en vie, forcément que tu as dû être opérée ! Grâce à ma magie, par contre, tout n’a été que bénin.

— Mais ce n’est pas ce que tu m’as dit ! Et puis, de tous les Daring Do sur lesquels je pouvais tomber, je suis sûre que tu voulais que je lise celui-là pour que je devienne parano ! Tu savais que si je perdais les pédales, tu pourrais te débarrasser de moi et me remplacer encore une fois ! »

Twilight s’approcha jusqu’à me bloquer dans un coin. « Je commence à en avoir assez ! Donc, selon toi, je fais des opérations en catimini et j’utilise des livres que tu as choisi de lire dans le but de te faire croire à des théories fumeuses ? Je m’amuse à faire des clones et à en disposer quand ça m’arrange ? Pourquoi ? Tout ce que je veux, c’est que tu te portes bien ! »

Twilight baissa les yeux, bouleversée. Je voyais bien qu’elle pleurait, mais je savais que ce n’était qu’un autre de ses stratagèmes.

« Et tout ce que je veux, c’est que tu me foutes la paix ! » J’étendis les ailes et frappai le sol d’un sabot avant de me reculer pour retrouver un peu d’espace. Prise au piège dans l’appartement de Pinkie, je me sentais claustrophobe et paniquée. Si elle le souhaitait, Twilight n’avait qu’à me jeter un sort sans que personne ait le temps de réagir.

Pinkie s’interposa, une paire de lunettes noires sur le museau. « Mmh, j’ai l’impression que vous voulez toutes les deux que les choses reviennent à la normale. Que pensez-vous de faire une fête aujourd’hui en l’honneur de la normalité ? » Pinkie cogna ses deux sabots avant l’un contre l’autre. « Ça vous tente ?

— Pinkie ! » nous exclamâmes-nous d’une même voix.

La tension sembla se dissiper, et Twilight se dirigea vers la porte.

« Tu vas où, là ? m’indignai-je. Je veux des réponses. »

Twilight se retourna et fronça les sourcils. « Certains ont un travail et n’ont pas le temps de traîner. Je retourne m’occuper de la bibliothèque. Si tu veux des réponses, tu n’as qu’à passer à l’occasion et t’exprimer comme un poney civilisé, pas comme une folle ! »

Ma paupière tressauta. « Quoi ? Non ! Je ne veux pas aller à la bibliothèque, je veux savoir comment tu m’as sauvé la vie, et avec des mots simples. »

Elle me regarda droit dans les yeux et sourit simplement. « Je ne peux pas expliquer la magie à un pégase, mais voilà ce que je peux te dire. C’est moi qui t’ai maintenue en vie après l’accident lorsque tu ne respirais plus. C’est moi qui ai soigné l’hématome sous-dural et stabilisé les vertèbres C2 et C4 fracturées pour que tu aies une chance d’atteindre l’hôpital en vie. C’est moi qui ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour te sauver parce que tu es mon amie. Et si tu ne peux pas te mettre ça dans le crâne, sache que Celestia aurait été fière de moi si elle avait été présente. On ne peut pas se permettre de perdre l’Élément de la Loyauté, pas au vu de l’état actuel des relations internationales. »

Twilight tourna les talons et claqua la porte dans son sillage.

« Eh bien, voilà qui est gênant, fit remarquer Pinkie. J’espère qu’elle sera à la fête ce soir.

— Je vais faire une sieste, réveille-moi quand c’est l’heure. »

Je m’envolai jusqu’au lit du haut et m’étalai sur le ventre, laissant mes ailes s’étendre à leur guise. J’entendis Pinkie babiller quelque chose avant de s’en aller pour commencer les préparatifs. Gummy se mit à mordiller l’un de mes sabots arrière, dont le goût devait pourtant être discutable.

Je suppose que cette idée de copie est un peu ridicule. Mais bon, je pourrais aussi être un clone ou un changelin, ou quelque chose d’aussi terrifiant, pas vrai ? Si elle dit la vérité et qu’elle a vraiment fait tout ça rien que pour me sauver, peut-être que ça ne vaut pas la peine que je cherche à en savoir plus ? Elle doit avoir une bonne raison, elle ne prendrait jamais le risque de décevoir Celestia.

Peut-être que j’en apprendrai un peu plus à la fête et que je dormirai bien après. Je suis sûre que ce sera dix fois plus facile de savoir ce que Twilight me cache après une bonne nuit de sommeil. Et, même si je n’arrive pas à découvrir ce qu’elle refuse de me dire, peut-être que je pourrais au moins comprendre pourquoi je me sens si mal.

***

Pinkie avait tout organisé très rapidement. Après tout, les fêtes étaient sa spécialité ; il était peut-être temps que j’arrête de la sous-estimer. Ma sieste pouvait essentiellement se résumer par un tas de questions sans réponses, ainsi que par la fascination étrange de Gummy pour mes sabots. Cela dit, j’avais enfin compris comment Pinkie arrivait à garder ses sabots impeccables. J’étais heureuse que mon animal de compagnie soit une tortue, terrestre ou aquatique, ou autre – je ne me souvenais jamais.

La couverture était soyeuse, je ne voulais pas me lever. Gummy dormait encore entre mes pattes arrière, et je finis par ressentir l’envie de me rendormir.

Pinkie fit irruption dans mon champ de vision, le remplissant de sa crinière rose. « Dash ! Réveille-toi, paresseuse !

— Ah ! Pinkie, quelle heure il est ? Je peux pas rester encore quinze minutes ? demandai-je.

— Non ! Il est vingt heures ! Tu ne peux avoir quinze minutes de répit qu’à six heures du matin, bécasse ! »

Je me redressai pour descendre tout en m’étirant. « Est-ce que j’ai raté quelque chose d’intéressant ?

— Pas vraiment. » Pinkie sortit un petit bloc-notes de sa crinière. « Lyra est très occupée à verser du sucre sur Bon-Bon, Vinyl est en train de lâcher des basses, oh, et les pouliches du village viennent parce qu’il y aura du gâteau gratuit ! »

Je ris. « Je croyais que le gâteau était toujours gratuit à tes fêtes ?

— Je n’avais jamais vu les choses sous cet angle ! Pas étonnant que tout le monde aime autant mes fêtes ! Allez, ils t’attendent tous !

— Ouah, bon, je suppose que je me sens mieux maintenant que je sais que ce n’était qu’un livre. Mais tu ne trouvais pas que Twilight était un peu différente ?

— Mmh, eh bien, elle ne portait pas son diadème de la même façon qu’à l’hôpital. Et elle ne se disputait pas avec toi quand tu étais dans le coma. Oh ! sa coiffure est différente ! Sa crinière est plus longue de deux centimètres et demi. »

Je soupirai et secouai la tête. « Pinkie, tu es tellement bizarre. Twilight n’a même pas de diadème.

— Bien sûr qu’elle en a un ! L’Élément de la Magie ! » Pinkie s’approcha et me regarda dans le blanc des yeux. « Tu as l’air normale. Viens, on a fait une fête exprès pour t’aider à te sentir normale ! Tu te sens prête ? »

Son élément avait la forme d’un diadème, et je me demandai comment j’avais pu oublier ce détail. Je choisis de remettre cette idée à plus tard, car une fête était l’occasion idéale pour me détendre. « Ouais, promets-moi juste que je serai toujours là demain matin. Je ne veux pas que quelqu’un – surtout pas Twilight – te convainque de me raccompagner chez moi. »

Pinkie passa une patte autour de mon cou. « Pas de problème ! J’ai promis que je ferai tout pour qu’il ne t’arrive absolument rien, même si je suis sûre que ce sera inutile. Peut-être que Twilight a juste oublié de remplir les feuilles de soin en triple.

— Toi et moi », murmurai-je.

Je la suivis dans les escaliers pour rejoindre la boutique. Évidemment, tout le monde était là. Même les pouliches de la classe de Cheerilee ainsi que la plupart de leurs parents étaient venus. Sans surprise, tous mes amis proches, dont les membres de la patrouille météo, étaient de la partie.

« Très chère, tu as l’air… » Rarity m’observa de la tête aux sabots. Ses yeux s’attardèrent sur ma crinière, que je savais tout emmêlée. « Bien. Peut-être que je pourrais t’arranger un rendez-vous au spa ?

— Euh, peut-être ? » Je fis un geste pour désigner l’ensemble des invités. « J’aimerais parler avec tout le monde et passer une bonne nuit d’abord.

— Eh bien, c’est entendu ! Fluttershy a dû annuler, mais ça sera bien plus drôle avec toi ! Pense à passer à ma boutique demain.

— Rarity. » Je regardai autour de moi et remarquai Twilight au fond de la pièce, hors de portée de voix. « Est-ce que tu as remarqué quelque chose de particulier au sujet de Twilight ou de moi pendant mon séjour à l’hôpital ? »

Elle leva un sourcil « En dehors du fait qu’elle s’est imposée auprès des docteurs et a insisté pour les assister dans tes soins ? Sans parler du fait qu’elle a passé encore plus de temps que toi sans se doucher ? » Rarity retroussa son museau en repensant à l’odeur caractéristique. « Non, rien de spécial. »

Je souris et laissai échapper un petit gloussement. « Twilight m’a dit qu’elle avait utilisé des sorts pour me sauver, et j’ai découvert après coup que mon dossier médical avait été trafiqué. Est-ce que tu me croirais si je te disais que Twilight cache quelque chose ? »

Elle jeta un coup d’œil à Twilight, puis se tourna vers moi. « Eh bien, la magie et les opérations ont deux choses en commun. Elles laissent des traces de leur passage et elles ont une origine parfaitement identifiable. Enfin, je n’ai pas étudié la théorie de la magie depuis l’école. Est-ce qu’elle t’a dit ce qu’elle a lancé comme sorts ?

— Non, elle a dit que je ne comprendrais pas. »

Rarity gloussa. « Je la croirais à ta place, Dash. Je ne comprends pas la moitié de ce qu’elle dit lorsqu’elle parle de magie. Twilight est au-dessus du lot comparée aux autres licornes. Mais la magie qu’elle emploie reste la même, ton docteur l’aurait remarqué s’il y avait eu quelque chose de louche.

— Regarde Sweetie », dis-je. Elle buvait du punch en compagnie de quelques-uns de ses camarades. « Si elle se blessait en cherchant son talent et que Twilight la soignait sans dire comment à qui que ce soit, tout en cachant son dossier médical, est-ce que tu la croirais sur parole ? »

Rarity regardait sa sœur, qui faisait semblant de chanter dans son cupcake, pour le plus grand amusement des autres poneys. « Oui, je croirais Twilight. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour sauver Sweetie. »

Je remuai la tête. « Je suppose que c’est ce qui nous différencie. J’attends plus de loyauté et d’honnêteté de la part de mes amis. » Je m’enfuis avant qu’elle ait le temps de répliquer à ma pique.

J’avais soif et décidai d’aller prendre un verre. Je tombai sur Twilight près du saladier de punch. « Salut, Dash, tu sens mieux ? demanda-t-elle.

— Ouais, pourquoi ça irait pas ? » Je nous désignai successivement du sabot. « Tu es là, je suis là, et aucune de nous deux ne s’est fait opérer contre son gré. » J’attrapai la louche pour me servir.

« Lorsqu’un poney risque de mourir si l’on n’intervient pas sur-le-champ, le consentement est implicite. »

Je remis la louche dans le saladier. « Hein ?

— Tu dis que je t’ai opérée sans ton accord, mais tu allais mourir. D’après la loi, c’était mon devoir d’agir. » Twilight sourit et me servit un verre de punch.

« Et la loi t’autorise à dissimuler la manière dont tu m’as sauvée ? Franchement... » Je pris une gorgée. « Je me fiche de tout ce que tu as fait, je veux savoir ce que c’était. Tant que tu ne respecteras pas mon droit de savoir, laisse-moi tranquille. »

Twilight posa un sabot sur mon épaule. « Écoute, je t’ai dit que je t’expliquerai tout à la bibliothèque. J’ai les livres là-bas, et même quelques schémas pour que tu comprennes les trucs compliqués. Viens et je te montrerai. »

Le punch était trop sucré. Pas étonnant que Berry Punch vienne régulièrement demander de nouvelles recettes à Pinkie. Alors que je buvais le reste de mon verre, je me demandais comment aucune d’elles n’avait de diabète.

« Non merci. Si c’est dans des livres, amène-les ici. » Je lui accordai un sourire à demi sincère. « Je t’en veux toujours, tu sais. »

Twilight me rendit mon sourire et me prit le verre des pattes pour le reremplir. « Eh bien, tiens-moi au courant dès que tu auras changé d’avis.

— Ah, comme si c’était près d’arriver. Je n’aime pas du tout qu’on me mente. »

Je bus le reste de mon punch et jetai le gobelet sous la table. J’avalai deux cupcakes d’affilée, prenant tout juste la peine de les mâcher. Malgré tout le sucre dans mon estomac, je ne me sentais toujours pas heureuse. D’habitude, il me suffisait de peu pour retrouver le sourire. À cause de mon régime lié à l’entraînement pour les Wonderbolts, je n’avais pas souvent l’occasion de manger autant d’aliments sucrés. Parfois, je me disais que Pinkie avait un estomac sans fond qui lui permettait de rester en forme malgré le nombre de cupcakes qu’elle consommait chaque jour.

Somnolente, je me déplaçai pour parler à d’autres invités. La fatigue m’avait probablement frappée aussi fort que le sol le jour de mon acrobatie. Je me mis à rire en me représentant mon accident. Peut-être que je m’étais endormie en vol.

« Qu’est-ce qu’il y a de si drôle, Dash ? demanda Pinkie.

— Je viens de me souvenir de la guerre entre les pégases et le sol à l’école de vol. Le sol… reste invaincu ! » J’éclatai une nouvelle fois de rire, et Pinkie m’imita. Elle me donna une tape dans le dos.

« Je était blague ! » dit Pinkie.

Je me tapai sèchement la tête d’un sabot. Mes oreilles sifflaient et je ne parvenais pas à entendre ce que l’on me disait. Je n’en comprenais que des bribes. « Hein ? »

Applejack s’approcha de nous dès l’instant où elle remarqua que je m’étais frappé la tête. « Pinkie Dash bien ? maison ? »

Je me sentais enfin heureuse. C’était une bonne soirée. Tous mes amis étaient là. « J’vous aime touuus !

— Allez Twilight Redheart ? » demanda Pinkie.

Twilight ne tarda pas à arriver, et je ris en lui touchant le museau. « J’ai pris ton, euh… ta, euh… dent ?

— Emmenez-la à mon la soigner bibliothèque, ordonna Twilight.

— Mais je déteste lire !

— Elle peur docteurs », dit Pinkie. Elle se mit à me tirer par le sabot en direction de son appartement.

Twilight s’interposa et prit un air ridicule. « Non Dash à mon la soigner magie.

— Petite bécasse ! Arrête de tourner ! ris-je.

— Arrête ! … évanouir ! »

***

Je me réveillai dans le noir. C’était une sensation familière, pourtant, je sentais que cette fois était différente. Je n’étais pas attachée à une plaque en métal glacé, et je n’entendais aucune voix. Le bruit effrayant d’outils comme une scie chirurgicale et la douleur caractéristique procurée par des aiguilles avaient disparu.

L’obscurité me cernait et me glaçait le sang. Je me mis à avancer, à la recherche d’un mur. « Eh ho ? Il y a quelqu’un ? » J’essayai de m’envoler, mais mes ailes ne répondaient pas. Je ne pouvais plus compter que sur mes pattes. Mon sens de l’équilibre et ma vision étaient absents de ce néant.

Un appel distant retentissait, et je me dirigeai dans sa direction. « Eh oh ? Vous pouvez parler plus fort ? Je ne vous trouve pas. » Mes sabots ne faisaient aucun bruit lorsqu’ils entraient en contact avec le sol concret de ce gouffre. De faibles murmures continuaient de résonner, cherchant à m’attirer.

Plus je m’enfonçais dans ce gouffre et plus l’air s’alourdissait. Je me trouvai rapidement à me frayer un chemin dans une atmosphère aussi épaisse qu’une purée de pois. Mes os commençaient à souffrir du froid, et les voix ne m’étaient toujours pas compréhensibles. J’avais du mal à respirer cet air pesant qui s’accrochait à ma fourrure comme de la boue.

Je m’arrêtai pour reprendre mon souffle et finis pratiquement paralysée au milieu des ténèbres. Soudain, une lumière éblouissante apparut face à moi. Mes paupières tentèrent d’obstruer ma vue, mais je ne parvenais pas à les abaisser.

L’orbe incandescent flottait près de moi. Son éclat me faisait mal aux yeux alors même qu’il n’éclairait rien. Le vide était toujours aussi lugubre et sombre, en dehors de cet unique orbe.

« Te voilà. Tu n’as pas ta place ici, dit la voix.

— On dirait qu’elle ne réagit pas.

— Où suis-je ? demandai-je.

— Loin de chez toi. Rentre, répondit la voix.

— Je n’y arrive pas, expliquai-je. Je suis coincée.

— Administrez les corticostéroïdes. »

Une douleur aiguë me traversa la patte. Je baissai le regard, mais, à cause du noir qui régnait, je ne voyais rien. « Aïe, qu’est-ce qu’il se passe ?

Tu n’as pas ta place ici », répondit méchamment la voix.

Quelque chose continuait de s’emparer de ma patte, la déchirant de part en part. Rapidement, je sentis mes autres pattes se dissoudre dans l’obscurité écrasante. Je me débattis en hurlant alors que l’intensité de la lumière se mettait à osciller. À chaque clignotement, j’apercevais de fines lianes le temps d’une seconde. Elles me maintenaient en place et me démantelaient.

« Est-ce que ça va marcher ? Nous n’avons jamais essayé auparavant.

— S’il vous plaît, arrêtez ! Vous me faites mal ! Qu’est-ce qu’il se passe ? suppliai-je.

— Ce n’est pas chez toi, tu n’aurais pas dû venir ici, répondit la voix.

— Mais où est-ce que je suis ?! » m’égosillai-je à l’attention des ténèbres alors que je sentais mes ailes se faire détruire par la bête dans le noir. N’ayant que la lumière devant moi à fixer, j’arrivais à tolérer la douleur en portant mon attention ailleurs. Je m’accrochais à cette lumière, à ma conscience, tandis que des parties entières de mon corps étaient déchiquetées.

« Comment se fait-il que les tests montrent la présence d’anticorps ? Princesse, que devons-nous faire ? »

L’obscurité continuait de s’épaissir, de s’alourdir, alors que je sentais que l’on arrachait la chair sur mes os. « Je suis désolée ! Je vous en prie ! »

Mes pattes et mes ailes n’étaient plus là pour m’aider à me battre pour ma liberté. Elles avaient disparu, consumées par le vide. Je remuai le cou, mais le poids écrasant de l’atmosphère m’empêchait de bouger plus.

Finalement, mon bourreau sortit de l’ombre. Dans ce monde de ténèbres, il n’y avait à présent qu’une chose de visible : Rainbow Dash.

« Ça n’a jamais été chez toi. » Sa voix me transperçait comme une lame. « Maintenant, tu vas mourir. »

Je sentais les lianes m’empaler la poitrine, me faisant hurler de plus belle.

« Le défibrillateur ! Préparez les électrodes et ramenez l’équipe cardiologique ici, tout de suite !

— S… s’il vous plaît… pardon, bafouillai-je.

— Reculez, je m’en occupe. »

Dash se mit à sourire jusqu’à ce que les coins de ses lèvres atteignent ses oreilles. Ses joues s’ouvrirent et se mirent à saigner alors que son sourire continuait de prendre de l’ampleur. Au même moment, je sentis ma bouche se faire arracher par le vide. L’agonie me forçait à crier, mais je n’avais même plus de quoi.

Une petite étincelle tiède s’éveilla en moi, et je trouvai enfin la force de combattre le démon. Les lianes se retirèrent et l’obscurité cessa de m’oppresser. Lentement, je sentis certaines parties de mon corps réapparaître, me rendant mon intégrité.

« Quoi ? » se récria le spectre.

Un rayon d’énergie violette traversa le vide, transperçant la vision de Dash et la désintégrant. Les ténèbres réduisirent autour de moi, puis l’orbe lumineux s’éteignit.

***

Je me réveillai dans une grande inspiration suivie de plusieurs autres, frénétiques. Mon lit était trempé de sueur et j’étais gelée jusqu’aux os. La fenêtre était ouverte, et l’air frais de la nuit ajouté à mon cauchemar me laissait l’impression d’avoir volé à travers une tempête de neige.

Dès l’instant où je parvins à reprendre le contrôle de ma respiration, je sautai hors du lit. J’atterris deux mètres plus loin, traversée par une douleur dans mes pattes et mes côtes. Je hurlai et essayai de me redresser, avant d’admettre que c’était tout simplement insupportable.

« Dash ? » appela Pinkie. La seconde d’après, une jument vêtue d’un pyjama orné de poneys colorés fit irruption.

« Mais que… ? toussai-je, ravivant la douleur de mes côtes, qui me fit oublier mon envie de comprendre les singularités de mon amie.

— Oh, non ! Tu es tombée du lit ? Rien de cassé ? »

Je remuai la tête. Non. J’avais toujours ce cauchemar plus vrai que nature en tête.

« Laisse-moi t’aider. » Pinkie me releva doucement et me coucha sur le lit inférieur, où je risquais moins de me faire mal. « Tu as fait un cauchemar ? Tu transpires et tu es glacée.

— O… o… oui. » Je tremblais de froid. Pinkie le remarqua et m’enroula rapidement dans ses propres couvertures encore tièdes.

Pinkie se mit à passer un sabot dans ma crinière comme si j’étais une petite pouliche. Étonnamment, je n’avais pas envie de l’en empêcher. « Tu veux en parler ? demanda-t-elle. Peut-être qu’on peut le dédramatiser ensemble ?

— Non. » Ma réponse allait de soi. Le simple fait d’y penser le rendait plus réel, et son atrocité dépassait presque l’entendement. Si j’en parlais, Twilight pourrait s’en servir pour légitimer mon internement.

« Ne t’inquiète pas, c’est certainement la fatigue. Tu t’es évanouie hier soir pendant la fête.

— Mais, comment ? C’était du punch avec ou sans alcool ?

— Dash, il y avait des pouliches parmi les invités ! Évidemment qu’il n’y avait pas d’alcool dans le punch. »

Le regard que j’adressai à Pinkie la fit sourire. « Comment j’ai pu m’endormir ? Est-ce que Twilight m’a ensorcelée ?

— Non. J’ai tenu ma promesse. Je lui ai dit qu’elle n’avait pas le droit de te ramener chez elle et que tu resterais avec moi cette nuit ! Tu aurais dû voir sa tête. » Pinkie écarquilla les yeux, ouvrit la bouche jusqu’à former un o parfait, puis lâcha : « Bleh ! »

Je ris de sa caricature de Twilight.

« Tu vois ? Tu vas déjà mieux. Je vais rester là jusqu’à ce que tu te rendormes, d’accord ? Les amis sont là pour ça ! »

La joie de Pinkie était contagieuse ; je finis par lui raconter ce que j’avais vu. « Mon cauchemar… Pinkie, c’était horrible – juste insupportable. Les docteurs étaient là, et Dash essayait de me tuer ! »

Elle pencha la tête sur le côté. « Mais, tu es Dash. »

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