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La Matière de Cervidas

Une fiction écrite par Craïnn.

Cycle 1 : Nuada. Chapitre 1 : Les mille navires du haut-roi

La proue du navire qui menait la flotte battait les fortes vagues de cette mer de l’Est qui semblait assez rétive envers des inconnus qui tentaient de passer son domaine aquatique, et les incantations répétées des druides vêtus de blanc, formant un cercle tourné vers l’extérieur ne calmaient pas la déité sous-marine, qui était soit sourde, soit définitivement offensée. Derrière cette proue magnifiquement sculptée en forme de croissant de Lune, se dressait le puissant Nuada, qui était alors roi parmi ses gens et brave parmi ses guerriers. Cette lune sculptée sur la proue était son symbole, et il tirait un orgueil tout particulier de s’y accrocher tout en perçant la brume de son regard pour voir s’il ne trouvait pas un lieu où l’on put faire débarquer en paix son peuple.

Cela faisait aujourd’hui trois heures qu’il scrutait les rivages de cette terre nouvelle, mais partout où se posait son regard il n’y avait que falaises et forêts, devant lesquelles il était fatalement dangereux de débarquer par peur des mauvaises embuscades que rendent possibles un tel terrain. Le constat du jour ne fut pas différent de celui des jours précédents : toujours ces hauts remparts rocheux et abrupts que même de bons grimpeurs ne défieraient pas. Pour compléter de rendre sa tâche désagréable, le printemps nouveau avait apporté son lot de chaleur et le vent avait poussé jusqu’à la côte où était sa flotte des nuages de brume qui avaient été ruisseaux quelques jours auparavant. Soupirant devant tant de mauvaises conditions, Nuada, dodelinant lentement de la tête comme pour dire non avec une colère tranquille à une quelconque personne qui aurait pu se trouver devant lui, se retourna, et allant à l’extrémité opposée de son navire par rapport à celle où il se trouvait, il intercepta un marin, qui lui sembla plus oisif ou plus mou que ses camarades, et il l’envoya remplir l’office qu’il occupait alors, et qu’il acceptait d’assurer pour tromper l’ennui. Mais on exalte plus l’ennui en nous offrant de mauvaises nouvelles plutôt que de céder à la tentation de langueur que celui-ci fait naitre en nous.

Nuada était dans son bon âge, assez jeune pour posséder une bonne vigueur, et assez mûr pour pouvoir juger avec sagesse n’importe quelle décision. Même si sa haute stature et son digne maintient le faisait reconnaitre aisément comme roi, d’autres caractéristiques de son physique le distinguait du commun de son peuple. Pour commencer, nul ne lui aurait disputé sur le plans des bois, qui se levaient plus hauts, et qui se divisaient en plus de ramures que n’importe lesquels de ses coreligionnaires. Son pelage était d’un marron bien étrange puisque liséré par endroits d’un bleu léger et mystique. Du reste, en plus de l’aspect et du maintien, il disposait de suffisamment d’attributs qui le faisait reconnaitre : un large manteau en fourrure de griffon, leur mortel ennemi, couvrait ses épaules jusqu’à ses flancs, et il avait même le loisir de le voir parfois battu par le vent, ce qui le faisait ondoyer, lui donnant encore plus de prestance. Pour faire savoir à ses sujets qu’il était proche d’eux par la condition –ce que très peu croyaient au vu de la magnificence de ce roi- il avait pris soin de couvrir ce manteau d’une écharpe en plaid relié d’une broche d’argent qui représentait un cerf stylisé ayant des saphirs pour yeux.

Le dernier de ses objets n’était pas le moindre à compter parmi toutes les bonnes fortunes qui ornaient sa personne. Car à son flanc une ceinture de cuir et à la boucle d’or se voyait reliée à un fourreau de cuir noir. De ce fourreau, l’on ne pouvait voir dépasser que le manche de l’arme, mais l’apparence de celui-ci désignait sans équivoque une lame que l’on ne pouvait en aucun cas considérer comme normale. C’était un manche en bois enroulé dans un cuir plus léger et de meilleures qualités, et le pommeau de la lame, tout stylisé dans un art qui mélangeait courbes et boucles, était tout d’or fait. Descendant du pommeau et venant s’enrouler autour de la garde, deux serpents d’or très finement taillés laissaient entrevoir l’aspect plus que meurtrier de cette lame.

Cette lame, comme son apparence le laissait pressentir, n’était pas qu’une simple composition de l’artisan. Elle faisait en réalité partie des quatre talismans des tribus, des reliques et objets magiques que les cerfs emportèrent avec eux quand ils quittèrent les quatre îles. Le peuple cerf était alors divisé en deux tribus, plus rivales qu’ennemies, mais qui avaient accepté la domination commune d’un seul roi au moment de leur migration. Ces deux tribus avaient alors chacune leur façon de nommer cette épée, dont la seule renommée a passé les siècles. La tribu de Llyr, qui était alors dominée par le chef Gwydion, l’avait nommée, dans leur langue aux accents plus mâles et primitifs « dure entaille », tandis que la tribu de Dana, dont Nuada était le chef en plus d’être le haut-roi, lui préféraient le nom « d’épée de lumière ». Rares étaient ceux qui avaient vu cette lame en action, et c’était pour ces gens-là grande chance que d’être encore vivants.

Nuada, maintenant à la poupe du navire, regardait sa flotte qui longeait la côte verdoyante et monotone à sa suite. Il avait disposé les mille navires qui la constituaient en une large formation triangulaire dont son navire, plus imposant et fait de matériaux plus lourd, faisait office de pointe à cette immense flèche qui s’étalait sur la mer. Parmi les mâts et les pavillons, on voyait flotter deux bannières aux sommets des navires. La première, plus grande et placée tout à fait en haut du mat, indiquait à quel ethnie appartenait les habitants du navire, car, si les cerfs avaient compris la nécessité de s’unir pour échapper à la menace des griffons qui les avaient fait quitter leurs quatre îles natales du nord, ils ne se sentaient pas prêt à se mélanger et considéraient leur rassemblement comme une nécessité temporaire mais devant être subie. Ainsi, si le dragon rouge sur fond blanc dominait le mât, on devinait l’équipage de la race de la tribu de Llyr, mais s’il flottait une harpe d’or sur fond bleu, les gens du bord étaient du peuple de Dana. La seconde bannière, plus petite, répétait rarement deux fois le symbole grossier et imprécis car elle était le symbole du propriétaire du navire, qui était tout le temps un chef, aussi c’était grande fortune en ce temps de posséder plus d’un bateau.

Nuada laissa un bon moment son regard errer sur son peuple auquel il tenait tant. Il ne souhaitait pas réellement l’union de ses deux peuples, du moins il ne laissait entendre ainsi. Cela faisait quatre mille ans que ceux qui portaient pourtant le même pelage et les mêmes cornes n’avaient pas eu de souverain commun. Il aurait même donné le trône à Gwydion s’il estimait que celui-ci avait la capacité de maintenir cette union. Il se souvenait des quatre îles, du temps où les druides, estimant que les raids des griffons devenaient trop pressants, désertèrent en secret les forts et le village, laissant la population inquiète et en proie à toute superstition, mais également les chefs sans conseillers, ce qui n’était pas plus arrangeant. Ils se trouva vite qu’ils s’étaient réunis dans une des larges forêts vierges du domaine de Gwydion, et qu’ils s’y étaient réunis pour y tenir aux deux rois la demande suivante : « Par les esprits, par la Lune qui éclaire et le Soleil qui cache, par la mer qui fait rouler les vaisseaux de ses fils sur ses flancs incertains, par le ciel qui nous accorde pluie ou famine, tempête ou bonne fortune, et par la terre qui fait votre nourriture et votre toit, nous déclarons que les esprits ont condamné ces îles, qui ne sont plus notre patrimoine. Nous refusons de servir tout maître jusqu’à ce qu’il s’en soit levé un et qui nous mènera tous. » .

Ce message fut interprété comme un défi par les nobles et comme un ordre au peuple. Il y eut bien réunion entre les deux rois, qui voulaient plutôt s’entendre sur la façon de mettre fin à cette rébellion plutôt que d’élire un souverain suprême. C’est le peuple qui, trop agité par la nouvelle, menaça les nobles et poussa les rois à choisir parmi eux. Les petits seigneurs des deux partis se réunirent alors, et, comparant le vieux et le croulant Gwydion, sa crinière plus blanche que l’albatros sous la neige, sa couardise et pusillanimité, sa tendance à l’usage de la magie qu’il avait apprise chez les druides et dont il s’était servi au cours de sa vie pour commettre milles farces, plus ou moins mauvaise, et enfin sa réputation qui était exécrable par quelques actes qu’il était tabou d’évoquer, tant étaient graves les faits, quand il le comparèrent, donc, au génie et au courage généreux qui composaient l’imposant Nuada, plus aucun d’entre eux ne se fit d’illusions. Le second fut élu haut roi. Une semaine après, les cerfs avaient rassemblé leurs possessions et naviguèrent. Ils firent bien, car la prédiction druidique se réalisa, et ils durent batailler avec les forces aériennes des griffons, qui les avaient encerclés, pour faire une percée et fuir.

Ils naviguaient alors depuis un mois, et le moral de la flotte était tendu. Trois semaines en pleine mer avaient tout d’abord exalté le désespoir des plus malheureux et cette mauvaise humeur se répendit comme une trainée de poudre parmi ce peuple sans foyer. La vue de cette côte verte et couverte de forets avait fait connaitre à tous un violent regain d’espoir, mais celui-ci s’éteignit peu à peu quand ils remarquèrent que le haut-roi ne voulait pas débarquer. Enragés par ce supplice de Tantale, les cerfs commèrent à grincer des dents devant la décision du monarque qu’ils ne comprenaient pas. Des paysans de la tribu de Llyr, incultes et fiers, et par conséquent blessés que ce ne soit pas un souverain du sang qu’ils reconnaissaient qui dirigea cette expédition qui signifiait tout pour eux, vinrent trouver Gwydion, fils de Don, sur sa barge royale.

Celui-ci regardait fièrement cette terre, enveloppé dans un manteau noir brodé de motifs d’or précieux qui représentaient un grand arbre aux racines noueuses et dont les branches recopiaient les motifs de celle-ci, si bien qu’il était réversible. Un cercle d’or ceignait sa tête qui en ce moment ourdissait quelque unes des sombres ambitions qui avaient été la marque de son existence. Bien sûr, il était roi et druide, combinaison qui se faisait beaucoup à cette époque (il en voulait d’ailleurs à ses congénères spirituels pour l’avoir laissé dans le secret quant à leur prophétie), et qui le rendait savant. Il savait que n’importe quel petit seigneur de sa tribu vaudrait mieux que lui au titre de haut-roi, auquel sa réputation empêchait l’accès. Il comprenait et ne nuirait pas à la nécessité que représentait un souverain suprême, mais il aurait préférait à Nuada d’autres personnes, plus à même d’écouter ses conseils… Voire de les mettre en pratique. Gwydion n’était pas foncièrement mauvais, il y avait juste en lui cette étincelle surnaturelle qui le poussait à aller contre la hiérarchie, pour le meilleur et le plus désastreux. Les travailleurs de la terre s’inclinèrent bas en saluant leur souverain, que leur ignorance encourageait à croire à sa vertu. Ils lui adressèrent ainsi la parole : « Roi et maître de ce qui furent les cents hameaux des deux îles, patrimoine de notre peuple, devons-nous encore suivre docilement Nuada alors que la vue de la terre se fait si pressante ? » Gwydion garda le silence un moment. Il fut guerrier dans son jeune temps, et il comprenait avec sa lucidité maligne ce qui poussait le haut-roi à ne pas risquer un débarquement. Il leur répondit finalement : « Et que pensez-vous que je doive faire ?

-Que vous réclamiez votre couronne par votre sang, qui est le plus légitime. Répondit un des cerfs avec feu. Gwydion sourit.

-Je n’ai guère de problème avec cela, seulement, dit-il avec ce ton malin qui le caractérisait si bien, ce serait défier les druides, et l’on s’en tire à moins bon compte à la fin de son entreprise que quand on l’a commencé avec de pareils adversaires. ».

En caressant ainsi leur aspect superstitieux, il se débarrassa bien vite des gêneurs qu’il se devait malgré tout de recevoir pour faire bonne figure auprès de son peuple. Il ressentit tout de même la vérité des mots qu’il avait prononcés. Les druides avaient demandé un haut-roi, et maintenant qu’ils avaient le meilleur spécimen de l’espèce à ce poste, ils tacheraient d’entrer dans ses faveurs plutôt que de l’écouter lui. De plus, Nuada, qui avait un sens politique aussi puissant que son sens martial, avait placé à la tête de l’ordre druidique, qui s’était soumis à lui, son ami Dagda, un seigneur mineur de la tribu de Dana. Ce dernier était, comme lui, druide et noble, quoiqu’il ne fût que petit seigneur. Ce titre était mérité, ou du moins Dagda avait les moyens de le soutenir. Car le seigneur druide avait en ses moyens des armes qui valaient largement les illusions de Gwydion et l’épée de Nuada. Ce cerf épais et bon vivant portait toujours sur son dos une gigantesque massue à deux bouts. On disait que l’un tuait et que l’autre rendait la vie si la mort n’avait pas étendu son voile depuis trop longtemps sur les yeux du défunt et surtout si son corps était en état de le supporter. Il disposait également d’un chaudron qui apportait une source de nourriture infinie, et qui empêchait la flotte de mourir de faim.

Ces objets merveilleux constituaient deux des quatre talismans que les cerfs emportèrent des îles. Le troisième était l’épée de Nuada, et le quatrième la pierre de Fàl, qui poussait un chant quand un véritable haut-roi s’asseyait dessus. Après l’élection par les nobles de Nuada, les druides le firent asseoir sur celle-ci, qui poussa son chant si fort que le peuple lui-même l’entendit, alors qu’il était bien à deux lieues de là, à préparer ses maigres bagages. Cette pierre avait elle aussi été prise pour le départ ; on la transportait dans un large bac de bois solide, relié par de fortes cordes à six barques pour que son poids soit bien répartit. L’opération était délicate, et gérée par les druides, et donc dirigée directement par Dagda. Pour toutes ces raisons, et par la seule présence de ce personnage, Gwydion se défendit de toute action. Ces pensées lui firent tourner les yeux vers l’avant de la flotte, vers le grand vaisseau de Nuada, derrière lequel on entendait Dagda pester en criant de sa voix tonnante les ordres aux « incapables et feignants en robes » qui trimaient sous les ordres d’un chef si bourru et grossier, mais qui faisait preuve d’une grande sympathie à table, et dont la fidélité était sans égale. Ah, si j’avais de pareils alliés… soupira intérieurement Gwydion, je suis un roi aussi mal entouré que servi.

Nuada était toujours à l’arrière de son navire mais son regard s’était porté sur les bateaux qui se trouvaient juste derrière sa nef. Il vit le bac et à l’intérieur la terrible pierre noire qui formait un siège grossier et mal taillé qui avait participé à le condamner à la condition de haut-roi. Son regard avait en fait été attiré par les rugissements de son digne et fidèle ami Dagda qui pestait contre les druides, qui, n’ayant pas l’habitude des tâches manuelles, se montraient rétifs et peu capables de manœuvrer le convoi le plus délicat et le plus précieux de la flotte. Dagda était druide aussi, certes, mais la vie de noble, la guerre et la chasse avaient fortifié son corps et les festins qui contrebalançaient les risques pris dans la vie lui avaient apporté une corpulence considérable, qui restait cependant tout en muscles et cela lui donnait droit de réprimander les frêles assistants qui le servaient si mal. Mais, que pouvait-on faire quand il tenait d’une obligation que les objets sacrés ne soient manipulés que par des mains d’initiés ?

Nuada était en train de sourire à la vue du spectacle alors même que sur son navire, les cerfs vêtus de blanc n’étaient pas d’une grande utilité malgré les pouvoirs dont ils disposaient réellement. On pouvait penser leur être reconnaissant pour avoir prédit la menace mais avoir condamné un peuple à un exil massif alors que l’on aurait pu tenter de résister, cela n’était guère pardonnable. Nuada fit signe du sabot à Dagda, qui tourna sa tête au pelage brun couverte de tatouages blancs vers son suzerain et ami, et, comprenant de suite son attention, se rendit sur un des bateaux qui faisait le flanc de la flotte tourné vers cette terre inaccessible pour le moment. De là, il se jeta à l’eau et nagea à grande brassée vers le vaisseau à la proue lunaire.

Nuada fut alerté par le comportement de son ami qui n’avait même pas prit le temps de penser à se faire préparer une barque. Dès que celui-ci fut à l’eau, il ordonna à ses marins de donner de la corde du côté où l’imprudent seigneur referait surface. Les druides autour du mât avaient alors arrêté leur chant et s’étaient retirés. Dagda se hissa sur le bateau, un grand sourire d’enfant ayant accompli quelque forfait présent sur ses lèvres joviales tandis que son plaid laissait choir de l’eau salée sur le pont. Sentant que Nuada condamnait par sa raison un tel comportement, quoique le sourire qu’il afficha laissait dire qu’il était prêt à rire de façon complice à la facétie de son ami, il salua respectueusement, et laissa son ami lui parler en premier :

« Ces druides t’ont-ils tant échauffé qu’il te faille te lancer dans une onde aussi froide pour te refroidir avant que de me voir ? A moins que tu n’aies encore dû dégriser de tes habituels coups du matin…

-Je connais des manières plus polies de dire bonjour, haut roi, répondit l’intéressé toujours souriant, cependant je ne fais que mon devoir en répondant au plus vite à l’appel que l’on m’adresse.

-A l’avenir, saches que tu seras prié d’y répondre sans prendre aucun risque. Il le serait fatal de perdre un tel allié.

-Ah oui, encore une chose qui ferait bien plaisir à cette vieille racaille de Gwydion, enfin, je doute que ces vieux os soient encore assez solides pour assumer mon fardeau, dit lourdement Dagda en tournant sa tête en direction de la pierre.

-Assez, je ne t’ai pas appelé pour que tu viennes railler ce vieillard. Comment se porte ton convoi ?

-Ma foi, pas trop mal, les druides sont toujours aussi peu sensibles à l’effort mais je crois les avoir suffisamment bien initiés à ce secret qui reste plus mystique pour eux qu’une vision de l’autre monde. Enfin si ta nef ne prenait pas toutes les vagues pour nous, nous serions renversé à la première d’entre elle, et nous perdrions la pierre sans qu’un seul d’entre eux n’ait le courage de tenter quoi que ce soit, si ce n’est tenter de nager loin pour échapper à la colère des esprits.

-Ne sois pas sévère envers eux. Non seulement ils t’ont élevé, mais ils maintiennent la cohésion des cerfs plus que je ne le fait moi-même. Dadga prit une expression de dépit.

-Si les druides m’avaient confié cette couronne, je songerais actuellement plus volontiers à comment la faire rester une après la fin de ma vie. Les druides t’ont élevé au-dessus d’eux, tu ne peux le nier, cependant, tu peux maintenant les dépasser. Quant à savoir qu’ils m’ont élevé, je leur rends bien la pareille, ils m’ont enseigné la magie et les mystères dont ils se vantent de garder le secret, et moi je leur rends en apprenant à faire des nœuds corrects et à manœuvrer une voile de façon à ne pas mourir noyés. D’ailleurs, excuses-moi un instant, car je pense actuellement manquer à mon devoir. »

Dagda se rendit à la poupe, et, depuis ce poste idéal, se remit à hurler à en perdre la voix sur les malheureux ovates qui se croyaient libres de toute contraintes hiérarchique pour quelques temps. Puis il revint, tout content d’avoir si noblement accompli son devoir, se poster fidèlement devant son roi.

« Si ton zèle te permet de tenir une conversation sérieuse, se serait-ce que pour quelques minutes, je voudrais me renseigner sur le moral de la flotte, que tu sembles connaitre mieux que moi.

-Eh bien ce n’est guère brillant, dit Dagda en reprenant son sérieux, les druides affirment que les seigneurs de Gwydion ont de plus en plus de mal à contrôler leurs gens. Le manque de nourriture ne saurait nous affecter mais le mal de mer, le climat délétère et les déchets qui commencent à s’entasser dans nos navires… Si d’ici une semaine nous n’avons pas débarqué, cette flotte sera un véritable cloaque. Si tu tiens vraiment à ne pas finir dans une embuscade, j’éviterais autant d’avoir une flotte que l’on pourrait sentir d’une lieue que de débarquer devant une forêt dense.

-Il ne reste plus qu’à s’en remettre aux esprits pour qu’ils nous évitent les deux, car je ne débarquerai pas en un lieu de risques.

-Alors nous pouvons être à peu près sûrs que nous sommes perdus.

-Que veux-tu dire ? Le visage de Dagda était devenu grave, ce qui laissait présager peu de bonnes choses dans les paroles qui passeraient ses lèvres.

-Je veux dire, haut-roi, que nous sommes à peu près autant en danger sur la terre que sur la mer. Car enfin, on ne sait pas si ces terres sont habités, certes. Mais nous ne savons pas plus si les griffons ont choisi de nous poursuivre hors des îles qu’ils ont prises à si bon marché, si ça se trouve, ils nous talonnent à l’instant même. Mais surtout, il nous faut craindre la révolte, car nous sommes dans une situation bien précaire et la moindre petite perte nous serait fatale.

-En clair, soupira Nuada, il nous faut choisir entre tous ces risques. Dagda reprit une expression joyeuse et sa familiarité habituelle.

-Allons, tu n’aurais tout de même pas posé ton royal postérieur sur la pierre de Fàl avec succès juste pour voir la mine mortifiée de Gwydion, bien que ce cela ait dû être un fameux spectacle ! Tu es roi par courage et bravoure, et tu te dois de prendre des décisions risquées. Quant à prier les esprits, je crois qu’ils ont déjà prouvé leur attachements envers nous, car ils ne nous auraient pas sauvés des emplumés pour nous faire mourir au bord d’une côte, si proche de notre salut avec pour seule vision de départ une flotte à l’odeur fétide.

-Ton conseil est donc de débarquer à la prochaine grève, forêt ou pas…

-C’est avis de druide, dit le cerf aux tatouages blancs en prenant un air de dignité. A ces mots, Nuada, prit une autre expression, moins pensive que celle qu’il avait adoptée et alors, et il s’en trouvait plus concerné.

-En parlant de cela, tu ne m’as jamais raconté comment tu as agi dans les jours de troubles qui agitèrent notre patrie il y a peu. Son ami eut un tressaillement.

-Eh bien, hum… comme ceux de toutes les cours partirent durant cette période, ainsi en fit le mien, mais, la soirée qui précéda leur demande si hardie, je me rendais… quelque part, quand je vis ce trait lumineux dans le ciel, qui se dirigeait à plein feu vers le sud avant que de s’éteindre aussitôt. »

Nuada se serait volontiers intéressé au « quelque part » de l’histoire de son ami, si ses pensées sérieuses avaient été plus proches de vouloir percer quelque mystères que seules les nuits sans lune et sans bruits savent garder pour secrets et si il n’avait pas été trop surpris par la seconde phrase de son compagnon.

« Tu savais ce que cela signifiait ? demanda gravement le haut roi.

-Quelques instincts me poussaient à deviner ce qui aujourd’hui est sous nos yeux, certes.

-Et tu n’as prévenu personne ?

-Qui voulais-tu que je prévienne ? Il n’y avait pas un fort qui fut à moins de douze lieues du mien en distance, après, à moins de prévenir celle que j’ai épousé… mais elle se serait sentie plus concernée par l’heure tardive de mon retour que par ce que je m’apprêtais à lui annoncer. Aussi, consciencieux de prendre le repos nécessaire pour partir dès l’aube te prévenir, je m’endormis sans déranger personne. Je partis aussi tôt que possible, mais en arrivant à ton fort je m’étais rendu compte avec les bavardages des seigneurs que les druides avaient déjà fait du bruit avant moi. Sachant que j’étais alors inutile là-bas, je fus parmi les premiers seigneurs à répondre à leur appel et je t’attendis dans les bois royaux de la tribu de Llyr un certain temps. Quand nous nous revîmes, tu avais la tête ceinte d’une couronne d’argent sertie de saphirs et tu me nommas responsable de la spirituelle caste des druides, plus propre à prononcer un bon mot qu’à résoudre un problème. » Nuada, reconnaissant la justesse des causes de son ami, en plus d’être amusé par l’aspect indistinct qui se dégageait de son récit, reprit un semblant de sourire.

« Et bien puisse un bon mot me dégager toute cette fichue brume et me trouver une plage adéquate pour ces navires. Je puis compter sur toi et sur les tiens pour cela, n’est-ce pas ?

-Ma foi, vu que leur langue reste plus active que leur bras, tout l’espoir est pour vous. D’ailleurs, il me semble, sans vouloir t’offenser que notre entretient s’éternise et que l’oreille de mes braves marins pourrait bien devenir oisive à manquer de s’exercer en captant mes appels, ce qui ne peut se faire si je suis absent. » Il avait tourné le dos et s’apprêtait à partir quand Nuada le retint avec son sabot

« Je ne crains fort que ce serait me désobéir si tu quittais ma nef autrement que par le moyen d’une barque. » Dit-il en riant. Alors que Dagda savourait cet instant de franche sympathie qui lui faisait agréablement savoir que son ami n’avait pas laissé la couronne terrasser son bon sens, ce qui est un risque pour tout souverain, le marin que Nuada avait laissé à la proue hurla ces paroles tant espérées depuis une semaine : « Une grève ! Une grève !

-Un de mes gens a dû faire une sacrée belle plaisanterie pour que les esprits nous envoient une si grande bénédiction, dit Dagda à son ami, quoiqu’il resta étonné par sa capacité à continuer ses traits dans une pareille situation.

En effet, un vent soufflant de l’est depuis la côte avait commencé à balayer la brume et il révéla une plage de sable qui empiétait sur une lande plate, quoiqu’il y eut un léger dénivelé de la plage à l’herbe sèche que l’on voyait de loin. Quelques pierres dépassaient de ce paysage qui semblait particulièrement stérile sur l’instant.

« Par l’if de ma massue ! » S’écria Dagda si fort que tous ses disciples l’entendirent alors qu’il avait pourtant rejoint la proue de la nef royale. Depuis ce jour, ce juron resta parmi les plus employés par le peuple des cerfs lorsque ceux-ci juraient d’accomplir une promesse sérieuse. « Les esprits t’ont réellement entendu, dit le druide, haut roi, il y a bien assez de place pour faire débarquer tes navires cent par cent ! ».

Nuada, qui avait parcouru le pont d’un pas véloce en entendant la nouvelle, l’avait constaté bien avant son ami. « Prends une barque, lui dit-il avec hâte, envoie trois de tes hommes pour donner des instructions à la flotte, et gardes les druides avec toi pour t’aider à décharger la pierre de Fàl. Toi et les tiens débarqueront en priorité, puis ensuite les guerriers, et enfin les petites gens. Essayez d’entretenir un équilibre entre le nombre de gens des deux tribus qui viendront à terre, histoire que Gwydion ne me fasse pas dire que je fais mauvaise préférence envers les gens de ma tribu natale.

-Et toi ?

-Je débarque en premier, et j’envoie une partie de ma garde en reconnaissance, après tout, nous ne connaissons pas encore ces terres… »

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Note de l'auteur

Toute remarque se reportant à une éventuelle chanson de rap de qualité relative, qui a déployé des miracles d'inexactitude historique et spatiale en plus d'avoir ruiné un bel air breton, sera supprimée par l'auteur. Bien à vous.

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Craïnn
Craïnn : #30467
Moonrise18 novembre 2015 - #30463
Par l'if de ma massue, je te jure de te lire jusqu'au bout. Je suis un partisan des world building ultra developpés, et tu démarres très fort sur ce coup là. En plus, cela parle de cervidés.

Enfin bref, petit nécropost pour te témoigner de mon soutien. Tu me rapelles Noch', ça me rends nostalgique.
Aye ! Merci de ton soutien. J'avoue ignorer quand je sortirai la suite mais je suis réellement réconforté d'avoir de nouveaux avis.
Il y a 2 ans · Répondre
Moonrise
Moonrise : #30463
Par l'if de ma massue, je te jure de te lire jusqu'au bout. Je suis un partisan des world building ultra developpés, et tu démarres très fort sur ce coup là. En plus, cela parle de cervidés.

Enfin bref, petit nécropost pour te témoigner de mon soutien. Tu me rapelles Noch', ça me rends nostalgique.
Il y a 2 ans · Répondre
Blackhoof
Blackhoof : #22836
« La proue du navire qui menait la flotte battait les fortes vagues de cette mer de l’Est qui semblait assez rétive envers des inconnus qui tentaient de passer son domaine aquatique, et les incantations répétées des druides vêtus de blanc, formant un cercle tourné vers l’extérieur ne calmaient pas la déité sous-marine, qui était soit sourde, soit définitivement offensée. » -> Phrase trop longue, bien trop longue. Et le passage avec les druides est maladroit. Qui plus est, le premier « qui » me semble obsolète car la proue du navire, ou le navire en lui-même, n’est pas le sujet de toute la phrase. Personnellement, j’aurais plutôt découpé la phrase comme plus ou moins comme ça :

« La proue du navire menant la flotte battait les fortes vagues de cette mer de l’Est. En réponse, les eaux semblaient rétives envers ces inconnus qui tentaient de passer leur domaine aquatique. Dans le concert de vagues s’échouant brutalement sur la lourde coque, un petit groupe de druides s’étaient rassemblés en cercle tourné vers les flots et entonnaient inlassablement des incantations, afin de tenter de calmer la déité aquatique. Sourde ou offensée par la présence du navire, elle ne semblait pas leur prêter attention. »

Dans le texte ci-dessus, tu peux sûrement remarquer que j’ai tenté de faire des phrases courtes qui se focalisent sur un seul fait. Je préfère faire ça plutôt que d’introduire plusieurs actions en une phrase, car cela a tendance à perdre le lecteur, qui risque d’avoir du mal à se situer dans la narration. Je ne pense pas que faire exactement comme moi serait une bonne idée, dans le sens où j’ai un style particulier, mais tu devrais t’inspirer de ce que j’ai tenté d’améliorer par rapport à ta fiction. Bref, essaye de limiter les actions décrites en une phrase, car l’inverse est aussi confus que d’aborder plusieurs sujets dans une conversation sans laisser l’interlocuteur souffler.

Et hmmm… Je viens de remarquer la présence des druides. Je ne suis pas expert dans ce domaine, mais du coup avec ce nouvel élément pris en compte, je peux supposer que ton histoire sera centrée sur un peuple ayant une culture « celtique ».


« Derrière cette proue magnifiquement sculptée en forme de croissant de Lune, se dressait le puissant Nuada » -> Du coup, on a une répétition de « proue ». Au début du texte, j’aurai plutôt carrément dit que c’est le navire (et non sa proue) qui bat les flots, afin d’éviter qu’un mot se retrouve plusieurs fois en quelques lignes. Sinon, le fait que l’avant du bateau prenne la forme d’un croissant de lune laisse supposer que Nuada et/ou son peuple possède des affinités avec la nuit et/ou son astre.

« Cette lune sculptée sur la proue était son symbole, et il tirait un orgueil tout particulier de s’y accrocher tout en perçant la brume de son regard pour voir s’il ne trouvait pas un lieu où l’on put faire débarquer en paix son peuple. » -> De nouveau une répétition et une phrase encore trop longue. Autre chose, je ne sais pas si le fait de mettre « on put faire débarquer » était volontaire ou pas, mais sache que cela a un sens tout particulier ici. En effet, si tu avais dit « il put », cela aurait mis en avant le fait qu’il soit soucieux de son peuple ; alors qu’en mettant « on put », tu avances le fait qu’il est plus concentré sur son orgueil/proue lunaire/whatever que sur ses sujets.

« Cela faisait aujourd’hui trois heures qu’il scrutait les rivages de cette terre nouvelle, mais partout où se posait son regard il n’y avait que falaises et forêts, devant lesquelles il était fatalement dangereux de débarquer par peur des mauvaises embuscades que rendent possibles un tel terrain. » -> C’est un peu violent comme ellipse. On passe de « je regarde la brume » à « je fixe la terre ferme depuis trois heures » sans aucune indication ou description, du coup, le lecteur se perd un peu.

{« Le constat du jour ne fut pas différent de celui des jours précédents : toujours ces hauts remparts rocheux et abrupts que même de bons grimpeurs ne défieraient pas. » -> Ce passage introduit clairement de la lassitude, ainsi que l’éventuelle hostilité du continent tout en sous-entendant l’urgence de débarquer. On verra par la suite si ces impressions étaient celles à transmettre au lecteur.


« Pour compléter de rendre sa tâche désagréable, le printemps nouveau avait apporté son lot de chaleur et le vent avait poussé jusqu’à la côte où était sa flotte des nuages de brume qui avaient été ruisseaux quelques jours auparavant. » -> Là, ça insiste sur du changement. D’ailleurs, des « changements » (brutaux ?) serait-ils la raison de l’exode de ce peuple ? L’avenir nous le dira, mais si la réponse à ma question est oui, alors ce passage rend vraiment le texte vivant.

« Soupirant devant tant de mauvaises conditions, Nuada, dodelinant lentement de la tête comme pour dire non avec une colère tranquille à une quelconque personne qui aurait pu se trouver devant lui, se retourna, et allant à l’extrémité opposée de son navire par rapport à celle où il se trouvait, il intercepta un marin, qui lui sembla plus oisif ou plus mou que ses camarades, et il l’envoya remplir l’office qu’il occupait alors, et qu’il acceptait d’assurer pour tromper l’ennui. » -> Phrase trop longue, encore. Et aussi trop d’actions en une phrase, ça perd l’attention et la narration s’essouffle. Accessoirement, le fait de dire « dodeliner » et « colère tranquille » donne un aspect de « self-control » à ton personnage, sans compter qu’envoyer un marin travailler met en avant son aspect « énergie ».

« Nuada était dans son bon âge, assez jeune pour posséder une bonne vigueur, et assez mûr pour pouvoir juger avec sagesse n’importe quelle décision. » -> De un, ça confirme ce que je viens de dire au-dessus, un bon point donc. De deux, c’est le genre de phrase que l’on devrait retrouver un peu plus souvent dans le texte, selon moi.

« Pour commencer, nul ne lui aurait disputé sur le plans des bois, qui se levaient plus hauts, et qui se divisaient en plus de ramures que n’importe lesquels de ses coreligionnaires. » -> Oh, c’est des cerfs ! Bon ok, j’avoue, j’avais deviné au vu des illustrations, mais bon. Par contre, quelque chose qui me fait montrer les crocs est « coreligionnaires ». Ce mot suinte le temps que tu as passé à chercher un mot qui sonne « vieux » et « swegg », et ça, c’est pas cool. Déjà que le texte avant faisait pompeux, mais ça donnait vaguement un style, là par contre on a carrément un effet lourd. Tiens, en parlant de lourdeur, voilà une citation du Vuld qui concerne pas mal ton texte.

« Est-ce que vous connaissez l'expression "étaler la confiture" ? Les profs' de français le disent parfois à leurs élèves. Ça signifie que la personne n'a presque rien à dire mais le dit avec beaucoup de mots. Le résultat est un texte très lourd et pénible car... ben... on parle beaucoup pour ne rien dire. »

Parce que bon, si on se met à utiliser le mot « coreligionnaires » pour dire un truc tout simple (« personnes ayant la même religion »), on pourrait écrire tout nos textes comme ça : « Fluttershy manda son léporidé afin de maniérer la livrée du susdit. ».


Accessoirement, ce texte frôle les trois problèmes des fictions lourdes, soit :

1) Parler beaucoup pour ne rien dire
2) Faire des phrases compliquées pour des trucs simples
3) Utiliser des mots compliqués pour des trucs simples

Et puis ooooh merde. C’est ni contre toi, ni contre ton histoire, mais je bute sur chaque phrase. Je crois que je vais passer en mode « lecture Yolo », ça m’évitera des maux de têtes. Enfin bref, en résumé :

Coupe tes phrase, si elles font plus de trois lignes, il y a généralement un problème.
Demande-toi si les attentes du lecteur bougent. On passe les premières pages à imaginer un cerf immobile et à décrire absolument tout ce qu’il y a autour de lui, toute sa vie, tout son peuple, tout son blablabla. Et raaah, c’est lourd. Ce n’est pas un problème en soi, mais aère le tout en introduisant des actions qui permettent au lecteur de ne pas « rouiller » sur place.

D’un point de vue totalement subjectif, ton roi-cerf est pas très le cool. Tu n’arrêtes pas d’insister sur sa magnificence alors que le narrateur est censé être neutre dans ce cas précis. En plus, à force de le brosser beau, il en devient presque antipathique tant cela pourrait faire croire qu’il est du genre « frimeur », si tu vois ce que je veux dire. En un mot comme en mille, ne dis pas que ton monarque est stylé : décris-le en tant que tel, et laisse le lecteur faire le reste.

Accessoirement en lisant le texte, je me sens comme Nuada devant les falaises du continent : je suis submergé par ces remparts de mots et de phrases interminables. Donc je suis désolé, mais tu m’as perdu à la troisième page (alors que le chapitre en compte treize).

Ne t’inquiète pas, je vais essayer de relire tout ça, mais pas avant un petit bout de temps.

Évidemment, je ne note pas la fiction. Je ne l’ai pas assez lu pour pouvoir la juger objectivement.

PS : je te conseille de lire l’article de Vuld appelé « la lourdeur ». [lien]

EDIT (après postage) : je viens de lire la critique de Nochixtlan, et il semble indiquer les mêmes problèmes que moi.
Modifié · Il y a 3 ans · Répondre
Nochixtlan
Nochixtlan : #22828
Acylius13 juin 2015 - #21874

Je sais que c'est chercher la petite bête, mais ce sont des détails comme ça qui font lever le sourcil aux lecteurs attentifs (comme cornes à la place de bois et ce genre de petites inexactitudes).
Là pour le coup je vais le défendre, mais puisqu'il emploie un registre assez... "lyrique", dirons-nous, corne marche aussi bien que bois. Je l'ai lu une paire de fois dans les textes de mythes et légendes qui évoquent les cerfs.
Ca tient plus du style que de la correction littéraire, mais franchement, moi je trouve que ça passe.
Il y a 3 ans · Répondre
Acylius
Acylius : #21874
Craïnn13 juin 2015 - #21860
Certes, les termes de ma description semblent inappropriés. Sans doute l'idée m'apparaissait assez clairement dans ma tête, et les mots sont passés outre le "réalisme" qui semble ici de mise. J'aurais du utiliser les termes "fourrure teinte" ou encore "fourrure peinte".

Je sais que c'est chercher la petite bête, mais ce sont des détails comme ça qui font lever le sourcil aux lecteurs attentifs (comme cornes à la place de bois et ce genre de petites inexactitudes).
Il y a 3 ans · Répondre
Craïnn
Craïnn : #21866
Brocco13 juin 2015 - #21862
Un projet particulièrement ambitieux que voilà et je le soutiens totalement. Reprendre la mythologie celte en utilisant des cerfs, une excellente idée que voilà. J’ai par contre peur qu’une très vaste majorité du lectorat passe totalement à côté de cette histoire, sans aucun doute pas assez "sexy" car s’éloignant totalement de MLP et suivant une narration dense qui peut en rebuter plus d’un.

Je ne serais pas aussi critique que Nochi’ quant à la lourdeur du style car nous partageons tous les deux ce goût des phrases incroyablement longues. Cependant, j’aurais quand même deux conseils à te donner :
- limite au maximum tes "et" dans une seule phrase : à titre personnel, je me limite à un seul "et" par phrase dans le cadre d’un enchaînement d’idée, sinon cela devient vite très lourd. Par contre, je ne mets pas dans ce décompte les "et" qui servent à désigner un autre élément même si là aussi, il faut faire attention à ne pas abuser.
-fluidifie la narration en diversifiant au maximum les structures : prenons par exemple et fidèle ami "…Dagda qui pestait contre les druides, qui, n’ayant pas l’habitude des tâches manuelles, se montraient…" Deux fois qui de suite, c’est dérangeant. Personnellement, je trouve "…Dagda pestant contre les druides, qui, n’ayant pas l’habitude des tâches manuelles, se montraient…" bien plus fluide.

Attentions aussi aux redondances, bien qu’il y en ait très peu, cela amène aussi un sentiment de lourdeur. Tu pourrais aussi aérer plus tes paragraphes bien que dans le cadre de ta narration, cela ne soit pas forcément des plus pertinents.

Enfin, niveau histoire, et bien c’est de la mise en place quoi. Je trouve quand même le contexte et les personnages bien définis, et suffisamment intéressants pour que l’on ait envie de les suivre. Surtout Dagda d’ailleurs vu que, quand on a deux trois bases de mythologie celte, on devine que… Après, ici aussi tu risques d’en faire fuir plus d’un en leur balançant directement un tel truc dans la tronche.

En bref, un premier chapitre qui m’intrigue pour un projet courageux qui a tout mon respect. Je te souhaite un bon courage pour la suite.
Effectivement, le style est problématique, la leçon est rentrée; pour l'appliquer, j'attends juste un miracle ou d'avoir un nouveau cerveau. Après, bien qu'attaché par affection ( entendez ici par obsession) aux mythes irlandais et gallois, je vais volontairement adoucir les choses pour deux raisons. Premièrement, je ne sais ni faire, ni n'aime le NSFW (parfois ça peut aller aussi loin, mais là je pense plus à Gwydion.), et ensuite, parce que c'est un crossover, alors je vais parfois adapter jusqu'à la déformation la plus complète et la plus criminelle qui soit.
Il me reste enfin à te remercier, d'abord pour l'encouragement, ensuite pour ces conseils que je tenterais ( je dis bien tenterais) d'appliquer, et enfin pour ta lecture.
Il y a 3 ans · Répondre
Brocco
Brocco : #21862
Un projet particulièrement ambitieux que voilà et je le soutiens totalement. Reprendre la mythologie celte en utilisant des cerfs, une excellente idée que voilà. J’ai par contre peur qu’une très vaste majorité du lectorat passe totalement à côté de cette histoire, sans aucun doute pas assez "sexy" car s’éloignant totalement de MLP et suivant une narration dense qui peut en rebuter plus d’un.

Je ne serais pas aussi critique que Nochi’ quant à la lourdeur du style car nous partageons tous les deux ce goût des phrases incroyablement longues. Cependant, j’aurais quand même deux conseils à te donner :
- limite au maximum tes "et" dans une seule phrase : à titre personnel, je me limite à un seul "et" par phrase dans le cadre d’un enchaînement d’idée, sinon cela devient vite très lourd. Par contre, je ne mets pas dans ce décompte les "et" qui servent à désigner un autre élément même si là aussi, il faut faire attention à ne pas abuser.
-fluidifie la narration en diversifiant au maximum les structures : prenons par exemple et fidèle ami "…Dagda qui pestait contre les druides, qui, n’ayant pas l’habitude des tâches manuelles, se montraient…" Deux fois qui de suite, c’est dérangeant. Personnellement, je trouve "…Dagda pestant contre les druides, qui, n’ayant pas l’habitude des tâches manuelles, se montraient…" bien plus fluide.

Attentions aussi aux redondances, bien qu’il y en ait très peu, cela amène aussi un sentiment de lourdeur. Tu pourrais aussi aérer plus tes paragraphes bien que dans le cadre de ta narration, cela ne soit pas forcément des plus pertinents.

Enfin, niveau histoire, et bien c’est de la mise en place quoi. Je trouve quand même le contexte et les personnages bien définis, et suffisamment intéressants pour que l’on ait envie de les suivre. Surtout Dagda d’ailleurs vu que, quand on a deux trois bases de mythologie celte, on devine que… Après, ici aussi tu risques d’en faire fuir plus d’un en leur balançant directement un tel truc dans la tronche.

En bref, un premier chapitre qui m’intrigue pour un projet courageux qui a tout mon respect. Je te souhaite un bon courage pour la suite.
Il y a 3 ans · Répondre
Craïnn
Craïnn : #21860
Acylius13 juin 2015 - #21844
Comment fait-on des tatouages sur une peau couverte de fourrure ?
Certes, les termes de ma description semblent inappropriés. Sans doute l'idée m'apparaissait assez clairement dans ma tête, et les mots sont passés outre le "réalisme" qui semble ici de mise. J'aurais du utiliser les termes "fourrure teinte" ou encore "fourrure peinte".
Il y a 3 ans · Répondre
Acylius
Acylius : #21844
Comment fait-on des tatouages sur une peau couverte de fourrure ?
Il y a 3 ans · Répondre

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