Site archivé par Silou. Le site officiel ayant disparu, toutes les fonctionnalités de recherche et de compte également. Ce site est une copie en lecture seule

La Plume d'Aurore

Une fiction écrite par Raincloud.

Chapitre 7 - Magnetic Still

//Process in loading.......... Error; «vital_skills.data» in critical level [Interrumption of process] #new_launch;01110011101 code

Error; «vital_skills.data» in hight critical level <<The process cannot be launched>> [Intern contradiction detected] //Process in loading.......... Error... Error... [Impossible request] CRITICAL LEVEL of «physcial_damages»; CRITICAL LEVEL of «mind_stability»; <<The system cannot follow up the request>>

{ERROR; detection of «sanguine_fluid» on those localities : -right_wing's_base; -left_wing's_base; -lower_lip; {{{ REQUEST REFUSED; TOO HIGH DAMAGES; preservation of «life.data» launched --- ERROR --- ERROR SYSTEM --- IMMINENT RISKS if {open_eyes} and {raising} processes are developped ~!!

//Detection of intern danger [DANGER ALERT; THE PROCESS CANNOT BE LAUNCHED; ERROR --- ERROR ---

[Message for the processor... WARNING ! DON'T STAND UP ~!!]

SUBJECT {WILD_LEAF}; DON'T OPEN YOUR EYES ~!!

La ferme, Wire...

Jamais mes yeux ne s'ouvrirent aussi brutalement. Ma respiration était aussi anarchique que mes idées. Je devenais avoir l'air d'un petit animal apeuré qui vérifie dans la panique et en se roulant par terre si ses yeux, ses oreilles et ses membres sont encore fonctionnels, puis qui se relève en secouant violemment sa tête pour essayer de faire le point sur ce qui vient de se passer. Mon crâne était brouillé par les messages d'erreurs, ils avaient raison, je n'avais pas à me lever... mais je n'écoute pas ma mère, alors pourquoi m'écouterais-je moi ?

Je ne l'avais pas vu jusqu'à maintenant, dans le catastrophique de la situation : vers le haut - de quel côté, me direz-vous ? Eh bien, il n'y a plus de côtés ! - une ouverture, celle du mur. Ok, repérage, donc l'écrin est juste... oh je glisse, pas bon...

Je dus user de toute ma volonté et de ce qui restait comme force à Wire pour tenir sur cette pyramide qui penchait désormais à quarante-cinq degrés. Je suis une pégase, tout va bien, j'ai déjà couru sur des toits bien plus abrupts. Bon, où est cet écrin ?

En me retournant, je découvris les yeux bleus profonds de Cassiopée. Ses écailles si blanches à l'origine étaient effroyablement obscurcies par la nuit et la poussière. Sa griffe était plantée dans le sol pour se maintenir telle une gargouille aux yeux hypnotiseurs qui ne regardaient rien d'autre que moi.

« Ça coince encore un peu, mais le deuxième côté ne va pas tarder à s'élever, grinça-t-elle.

- Tu es complètement folle ! hurlais-je tout en me rendant alors compte que j'avais horriblement mal à la gorge.

- Peut-être bien, dit-elle calmement. Faisons un pari, Wild Leaf : TU gagnes et je ferais tout ce que tu veux. JE gagne et on entends plus JAMAIS parler de ces ailes ! »

Cassiopée décolla vers moi. J'esquivai d'une roulade qui me précipita beaucoup plus bas. Puis en parvenant à me stabiliser avec mes ailes et mes sabots, je parvins à remonter la pente le long du mur. Je grimpai ensuite sur le côté d'une machine. J'avais alors une splendide vue sur la dragonne qui déployait toute sa grandeur devant le mur effondré, à la lueur de la Lune.

Mais également, une autre ombre plus furtive, arrivant par derrière...

Cassiopée se retourna. Masquant la lumière de la lune qui se couchait, elle distingua le visage sévère d'une amie volante aux écailles magenta. Je ne la connaissais pas, mais elle ne partageait visiblement pas les ambitions de sa reine.

« Est-ce que vous avez un problème contre les ailes, votre majesté ? » s'écria la jeune dragonne.

Elle administra alors un violent coup de poing inattendu à son aînée qui chuta le long de la pente en grogna. Après quoi elle pénétra dans l'arène en poussant un hurlement draconique, bientôt suivie par une multitude de flèches multicolores et prêtes à en découdre.

Des dragons de toutes formes et de toutes forces se mirent à envahir les lieux, à détruire les machines, à harceler Cassiopée ou à repousser la pyramide vers le sol de toutes leurs forces. Dans les yeux d'une enfant probablement atteinte d'une lésion cérébrale, le cortège multicolore devenait un époustouflant spectacle.

La cavalerie arrive toujours au bon moment.

J'entendis de violents tremblements vers le bas, des coups brutaux martelaient la porte que tous les étalons de Caballeron retenaient en suant à grosses gouttes, sous les cris encore plus stressés de leur patron. Oh non, pas les basilics, c'est trop tôt !

Galvanisée par l'arrivée des Dragolithiques, Lyra parvint tant bien que mal à escalader la pente, tractant derrière elle une Derpy en train de pleurer à chaudes larmes.

La dragonne, qui devait être l'éclaireuse du groupe, se posa alors à quatre pattes juste devant elle.

« Callisto ! s'écria Lyra en la serrant entre ses sabots. C'était votre reine, depuis le début c'était Cassiopée !

- Oui, ça, j'ai bien compris. Les Dragolithiques ne laisseront pas une despote leur voler tout ce qu'ils ont construit. Qui est votre amie ?

- Je suis la Plume d'Aurore. » répondis-je avec un frisson car c'était la première fois que je m'annonçais comme cela.

La dénommée Callisto me regarda, elle semblait profondément désolée pour moi.

« Une pégase vivante... je savais que ce n'était pas qu'une simple plume...

- Il manque Garble, remarqua alors Lyra avec son œil de lynx. Il ne s'est pas réveillé ?

- Je l'ai envoyé récupérer un petit colis... »

C'est alors que j'aperçus à la lueur de la lune un dragon rouge, sûrement ce fameux Garble, qui voletait avec peine. Il tenait une touffe de poils entre ces deux griffes, et quelque chose tanguait lamentablement au bout de droite à gauche. J'étais trop loin pour entendre mais je vis les yeux du colis s'ouvrir peu à peu. Garble esquissa aussitôt un sourire gêné. La masse se releva d'elle-même, commença à voler toute seule, prit un air vexé et donna un coup de sabot dans les dents du dragon. Après quoi son regard un peu perdu scruta l'horizon, se posa sur moi et s'en trouva ravi... Une seconde plus tard, deux bras de pégases me pressaient avec une force incroyable. Je ne pus m'empêcher de me blottir contre elle.

« Daring Do s'en sort toujours, murmurai-je avec un léger sourire.

- Et apparemment tu as hérité de ce gêne... répondit Daring en m'embrassant tendrement. »

Absorbée par mon bonheur, je ne fis même pas attention à Garble qui se posa à côté de Callisto en grognant un truc du genre :

« Moi j'arrête de sauver les gens si c'est comme ça qu'on me remercie... j'aurais dû te laisser sur ce bord de pyramide en train de s'effondrer...

- Merci beaucoup Garble. » lança Daring, de sorte qu'il ne pouvait plus se plaindre et partit contrebalancer la pyramide avec les autres.

La roue venait de tourner, la situation était en notre faveur, quasi sous contrôle. Évidemment ça n'aurait pas pu durer bien plus longtemps : la porte coincée par les Colts in black commençait à céder. Bon nombre de becs et de serres firent leur apparition dans de violentes percées.

Je vis un de ces étalons reculer d'effroi et tomber comme une masse devant Caballeron. Il venait d'être changé en pierre.

« Gafas de sol !!! hurla mon père en vérifiant que ses lunettes noires tenaient bien. Gafas de sol, todos !!! »

Un grand nombre de Dragolithiques vinrent en aide aux étalons de Caballeron. Callisto s'empressa de les rejoindre en leur hurlant de ne pas regarder ces créatures dans les yeux. Trop tard, une poignée de dragons se retrouvèrent déjà figés en plein vol. Dans la panique générale, Lyra récolta par magie quatre paires trouvés sur des étalons assommés et les colla sur les museaux de Daring et Derpy, sur le sien et sur le mien. Grrr, j'espère que c'était vraiment efficace parce que ça diminuait mon acuité visuelle d'au moins 80%...

Le problème est que, plus les basilics rentraient, plus les dragons se jetaient à l'aveugle sur eux. Ils étaient donc moins à contrecarrer l'élévation, à désactiver les machines ou à retenir Cassiopée.

Cette dernière, dans une rare folie, se débarrassa de ses assaillants comme de vulgaires moustiques et s'approcha à nouveau de moi.

Toutes griffes dehors, elle n'avait plus aucune considération pour sa vie et comptait, c'est certain, en finir avec mes ailes.

Au moment où la bête s'apprêtait à bondir, je sentis mon corps s'élever rapidement vers le plafond. Daring Do me portait fermement dans ses bras, pour protéger sa fille une fois pour toute.

Cassiopée s'éleva tranquillement au-dessus du sol. D'autant plus tranquillement que le chaos engendré par les basilics en dessous grandissait. Daring me serrait contre sa poitrine.

Ce devait être un magnifique tableau que la dragonne aux grandes ailes blanches noircies de cendre défiant du regard la pégase la plus aventureuse de la région, parée de ses lunettes de soleil impertinentes, volant tous deux au-dessus d'un décor désastreux d'apocalypse. Mais moi, je ressentais tout le contraire, retombée en enfance, profitant de la sérénité du foyer et de la chaleur de l'épaule de ma mère quand la tempête fait rage. Pitié, suspendez cet instant avant que je sois propulsée dans le vide par un coup de griffes !

Pas de discussion interminable cette fois, on savait très bien ce que chacune voulait : ma vie ou ma mort. Cassiopée fonça vers Daring qui vola sur le côté. Puis elle prit appui contre une paroi pour repartir avec encore plus de vélocité, tous crocs dehors, comme un vrai dragon sauvage. La délicate esquive de Daring la désarçonna. Voyant qu'elle était complètement exposée à une nouvelle attaque imminente, elle décida de se séparer de moi avant de se faire griffer par Cassiopée.

À ma grande surprise, je n'atterris pas au sol, mais dans les bras de Derpy. Je ne l'avais jamais vue aussi réactive, peut-être prenait-elle son rôle de chevaucheuse du vent vraiment au sérieux. Nous regardâmes avec effroi la nouvelle chute de Daring. Derpy se précipita vers elle, non sans m'avoir auparavant jeté dans les bras d'une créature qui passait par là... un basilic plus exactement. Ce dernier poussa un cri de coq en croisant mon regard opaque. Il se prit une de mes ailes en métal qui l'envoyèrent tout droit vers le trou béant. Puis des dizaines d'autres accoururent, je reculai pour me préparer. Là, une rafale de rayons magiques élimina la première vague. Lyra se posta à côté de moi avec un sourire. Puis ce fut au tour d'un gros ventilateur d'apparaître et de pousser chaque basilic qu'il croisait vers le trou dans la pyramide. L'engin était manœuvré par trois étalons, mais dirigé par Caballeron qui ôta un instant ses lunettes, juste pour me faire un clin d’œil.

Moi, il fallait que je retrouve Daring et Cassiopée. Je me mis à escalader la grande machinerie juste à côté pour avoir une vue d'ensemble. Mais soudain...

« Zzzzt... contact de type aqueux détecté sur {localisation : joue droite} analyse de l'humidité // analyse de l'environnement climatologique en cours... »

Oh pitié... il ne manquait plus que ça...

Le bruit des gouttes de pluie martelant le métal de mes ailes que je venais d'étendre pour ne pas qu'elles touchent mon corps était insupportable. Mais la joie de voir Daring, qui se battait toujours, me fit presque oublier la pluie.

Elle esquivait de nouvelles attaques avec une ardeur sans pareil. Et lorsqu'un assaut surprise de griffes allait se refermer sur elle, Derpy se glissa dans l'action pour frapper sa patte de toutes ses forces. La dragonne en furie s'acharna alors sur la petite pégase blonde qui reçut le soutien de Daring : elle s'agrippa à son aile pour déstabiliser son vol. Cassiopée se jeta alors contre un mur et fit tomber les deux pégases. Elle rattrapa en plein vol Daring puis vint la plaquer sur le bord de la pyramide, tout près de moi. Panique dans mes systèmes.

Cassiopée se mit à rire, Daring ne bougea plus.

« Peut-être que si ta fille te voit mourir, elle sera plus coopérante ! ricana Cassiopée en serrant sa griffe.

- T'as déjà essayé de me tuer dans ce coin, et tu n'y es pas arrivé, fit remarquer Daring en regardant vers le bas à travers ses lunettes noires.

- Ne te crois pas invincible, Daring. Ta survie n'est pas une évidence figée dans le marbre.

- Ma survie peut-être pas... sourit-elle alors. Mais on peut toujours figer autre chose... »

Évidemment, j'aurais dû me douter qu'elle avait un plan. Vive comme un éclair, elle mordit une griffe et roula entre deux autres, pour laisser le regard de Cassiopée planté, non plus sur la pégase au bord du vide, mais sur le vide lui-même... ou plus exactement sur les quelques basilics qui tentaient de s'agripper au bord de la pyramide pour ne pas tomber. Elle ne pouvait plus détourner ses yeux de la créature que la regardait à peine. C'est alors que sa queue commença à prendre des teintes de roche...

« NON ! hurla Cassiopée. Ce n'était pas prévu comme ça ! »

À toute vitesse, je descendis de mon piédestal, bousculai Daring et me postai devant les yeux de la dragonne en furie.

« Alors, j'ai gagné le pari non ?

- Soit, plume d'Aurore, répondit-elle avec tout ce qu'il lui restait de haine. Mais fait attention... le ciel se couvre... »

Je restais figée d'appréhension devant les yeux incendiaires de Cassiopée, jusqu'à ce que ses pupilles ne se confondent avec le reste de son corps dans une effrayante sculpture de pierre.

La pluie redoubla d'intensité, je ne bougeai plus. Daring étendit ses ailes pour me couvrir se demandant sûrement ce qui n'allait pas chez moi. Ce qui n'allait pas, c'est que je savais que c'était loin d'être fini : l'eau n'a jamais fait bon ménage avec des circuits électriques, et je pensais à ceux qui étaient raccordés à la rune.

La pierre rouge continuait de luire dans l'écrin. Elle commença à projeter de violentes étincelles, tout le plateau se mit à trembler. La machine s'emballait, il fallait couper le moteur... mais comment faire...

Une violente secousse fit tomber Daring, la statue de Cassiopée et moi, vers le coin où Lyra et Caballeron s'étaient réfugiés. Nous nous agrippions désormais à tout ce que nous pouvions, alors que la pyramide s'écroulait de plus en plus.

« Qu'est-ce qui se passe maintenant ? hurla Daring. Ça n'en finira jamais ?!

- La rune est restée trop longtemps dans l'écrin, l'autre moitié du plateau s'élève et on ne pourra pas inverser le processus, expliqua Lyra en criant au milieu de la pluie dense qui tombait maintenant. La pluie agit comme catalyseur du désordre électrique. Tu avais raison Wild, l'eau est le pire des fléaux ! »

Je ne sais pas si elle tentait de me faire rire, mais je n'écoutais pas. Pour ne pas penser à la trombe d'eau qui me tombait dessus, je baladais mon regard. Il fixa un instant Derpy qui se serrait affectueusement contre Lyra. Ces deux-là s'étaient bien trouvés, ils ne fallait pas que leur première aventure soit la dernière...

Des sons m'attirèrent aussi, notamment les cris des dragons qui se battaient encore avec les basilics. Parmi eux, il avait Callisto, et pendant qu'elle s'acharnait, ses écailles magenta semblaient décrire une danse en hommage aux premières lueurs du soleil dans le lointain... l'aurore...

Mais oui... oh stupide, stupide Wild... écoute ses grésillements internes et ces messages de terreur et d'excitation qui se bouscule dans ce cerveau bouillonnant d'images folles et de prises de risques !

Je venais d'avoir une idée absolument lumineuse...

« Lyra ! m'écriai-je dans le capharnaüm. Tu as dit que mes ailes pouvaient détourner l'énergie de la rune.

- Elle devient trop forte, je ne suis plus sûre que ça fonctionne !

- Et si je la touche ? criai-je avec des yeux pleins d'espoir.

- Le système deviendra complètement instable, il ne tiendra pas une seconde avant d'imploser. Tes ailes et toi serez grillés sur place !

- Et...?

- Et la rune et l'écrin seront détruits.

- Parfait. » répondis-je en pointant mon regard vers la rune qui scintillait plus que jamais.

Lyra suivit mon regard, elle fronça les sourcils.

« Oh pitié, j'espère que tu as écouté la première partie de la réponse !

- Oui, je vais mourir, et alors ?

- Tu n'arriverais pas à faire trois mètres sous la pluie !

- Quelle pluie ?

- Tu es une malade mentale !

- Ah, c'est ça ! Depuis tout à l'heure je cherchais un nom pour ce que j'allais faire, dis-je en faisant un pas décisif vers l'écrin.

- Wild Leaf, je peux te jurer que si tu fais un pas de plus, je vais être obligée de... »

Je n'entendis pas la fin de sa phrase pour me lever et courir vers l'écrin. C'est alors qu'un rayon magique me retint par la queue. Lyra grimpa la côte dans la ferme intention de me plaquer au sol une seconde plus tard.

« Ça suffit ! cria-t-elle, presque en pleurs. L'héroïsme a assez duré, Wild. Je ne tolérais pas qu'un poney agonise juste sous mes yeux ! »

Je respirais calmement, sans me débattre. Peut-être pensait-elle qu'elle avait réussi à me résonner...

« Et moi non plus... » répondis-je doucement.

À contre-cœur, je lui donnais un grand coup dedans le ventre pour me dégager rapidement. Puis je repris ma course vers l'inévitable. Lyra cria à Derpy de m'attraper. La pégase fonça sur moi et je dus la pousser contre le mur... ouch, désolée...

Durant mon avancée, je vis mille et un dragons, poneys et même basilics qui me regardaient courir, ne sachant pas très bien quel était mon but. Je ne le savais pas non plus... alors pourquoi est-ce que je pleurais comme une idiote ?!

La pluie fouettait mon visage, et alors ? Je retrouverais sûrement mon aquaphobie quand ce sera fini, mais là, j'étais pressée. L'éclat de la rune était assez puissant pour complètement chambouler le système de Wire et dresser ma crinière sur ma tête. Je ne voyais plus qu'elle, je ralentissais à mesure que je m'approchais.

À trois pas de la rune, un cri strident m'arracha à ma contemplation :

« WILD ! »

Je ne pus m'empêcher de me retourner pour affronter le regard sévère de ma mère. Daring retira ses lunettes, je fis de même, presque hypnotisée.

« Recule... tout de suite. »

D'abord, je m'approchai d'elle. Puis un grésillement dans ma broche me ramena à la raison, ou plutôt à la folie si la raison était de suivre ses conseils.

« Je veux vous sauver, mettez-vous à l'abri !

- Tu crois vraiment que je vais te laisser partir comme ça ? Toi, la seule chose qui me rappelle un semblant de réalité dans ces aventures démentielles ?

- J'ai toujours cru que j'étais un fardeau pour toi...

- Et j'ai eu tort de te délaisser. Tu es la pouliche la plus aventureuse que je n'ai jamais vue, tu vas jusqu'à risquer ta vie et n'écouter personne, exactement comme moi. Mais tu n'as pas besoin de prouver ta valeur, plume d'Aurore, tu es déjà la plus belle aurore de ma vie. Et même si ce que je m'apprête à dire n'est pas très Daring Do, je vais le dire quand même... je t'aime, Wild.

- Je t'aime aussi, plus que tout.

- Alors reviens... »

Des millions de pensées s'agitaient dans ma tête. C'était le moment d'écouter la voie de la raison. Il y aura toujours une chance de s'en sortir...

« D'accord...

- Oui ?

- Oui... mais j'ai un petit truc à faire avant... »

Je déployai mon aile et la plantai violemment au milieu de la rune.

Tous sursautèrent. Une gerbe d'éclats de rune chuta devant les pattes des basilics qui se dissipèrent rapidement. L'énergie commençait à se diffuser au niveau de la jointure du métal et de mon corps. Je ne sentais déjà plus mon aile, des picotements commençaient se propager doucement. Mais pour l'instant, en dehors de mes larmes, tout allait sereinement.

Daring s'approcha de moi en vitesse. Elle caressa mon front au risque de prendre un coup de jus. Elle n'essaya pas de me retirer, c'était trop tard, elle n'avait plus aucune raison d'être en colère.

« Pourquoi tu n'écoutes jamais ? »

Je lui hurlai de partir. Elle se précipita vers l'arrière pour attraper au vol une Lyra horrifiée et s'éclipsa. Derpy les suivit, complètement chamboulée, et Caballeron resta planté jusqu'à ce que je lui ordonne de fuir d'un mouvement de tête. La dernière chose que je vis fut l'étrange ballet des Dragolithiques, qui après s'être envolés firent une révérence pompeuse en mon honneur, Callisto en tête, elle avait les larmes aux yeux.

Pfff, les cérémonies...

Une violente décharge parcourut mon corps, une explosion qui engloutit mon champ de vision jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un écran blanc. Et puis tranquillement tout s'éteint...

[System_process] : off...

***

J'aurais aimé vous dire que je suis morte, mais ça ne serait pas très crédible puisque je raconte cette histoire. Donc...

J'ignore combien de temps je restai assommée, toujours est-il que je me réveillai avec surprise dans un tas de débris de roches, de métaux et de cendres, loin de ce que j'imaginais être le paradis.

Pendant dix secondes je ne vis plus rien, la douloureuse impression qu'on m'enfonçait une aiguille dans le crâne était appuyée par les cris stridents du programme qui effectuait un état des lieux :

Ma crinière était profondément roussie.

Mon œil gauche tressaillait tout seul.

Mon sabot avant gauche était brûlé.

Ma queue avait perdu la moitié de sa longueur.

Mais j'étais en vie.

Tel une rescapée dans le no pony's land, je cherchai en rampant la personne qui m'avait sauvé de cette explosion normalement fatale. Mais je réalisai bien vite que cette personne était en fait à l'intérieur de moi. Mon intégrité physique avait été assurée par tout ce qu'il restait comme force à Wire Leaf. Ce cri qui me perforait le cerveau indiquait son agonie. C'était elle qui avait subi ma témérité, je voulais me tuer et c'est elle qui a eu le dernier mot.

Le cri se changea en bourdonnement de moins en moins audible. Je m'efforçai alors de me redresser pour effectuer une sorte de salut militaire.

« J'ai été ravie de faire équipe avec toi, Wire. Et maintenant... repos ! »

Le bourdonnement s'éteint définitivement, et je m'écroulai, sans plus de force sur ma montagne de destruction. Je me sentais libérée, mais incapable de pouvoir marcher de nouveau sans elle.

Mon oreille se dressa, car heureusement, elle, était toujours présente, lorsque j'entendis mon nom crié par plusieurs personnes. J'ouvris un œil et aperçus une tâche bleu-gris voleter d'un coin à l'autre. Elle fut bientôt suivie par une licorne nerveuse et une pégase brune en furie, hurlant mon nom plein d'espoirs. Une armée de dragons portant de multiples blessés les suivaient.

Espérons qu'elles me trouvent avant que je décide d'abandonner...

Soudain, Derpy hurla, elle se précipita vers une autre montagne de débris. Je vis Lyra fondre en larmes dans les bras de Callisto et tous les dragons baissèrent la tête. Ah, la classique scène où on pense que le personnage est mort en se lamentant sur sa veste brûlée ou un morceau d'écharpe déchirée... il y a beaucoup moins de suspense quand on est le personnage en question, mais on ressent tout autant l'émotion. Lâchez cette distraction inutile et venez me chercher !

Le regard de Daring Do, très émue, balaya la zone. Elle se stoppa sur moi, ouvrit la bouche et cria mon nom. Alors elle se précipita aussi vite qu'elle put pour atteindre ce corps inerte au sommet de cette montagne de matières en décomposition.

Mais lorsqu'elle fut suffisamment près, un frisson parcouru son corps. Un frisson qu'elle me transmit sans même un contact. Je devais certes être en piteux état, mais rien qui ne valait un frisson d'effroi selon moi.

Je compris bien vite d'où venait ce frisson... Derpy accourut, les larmes aux yeux. Elle tenait entre ses sabots les fameuses choses qui auraient pu attester ma mort...

Mais ce n'était pas une veste brûlée ou un morceau d'écharpe déchirée. Elle serrait contre son cœur les deux seuls objets au monde que je ne voulais pas voir libres, les deux seuls objets qui pouvaient me plonger dans un état second, les deux seuls objets qui font ce que je suis...

Contre son cœur, Derpy tenait mes ailes.

Mes ailes... complètement délabrées, complètement carbonisées, complètement... hors de mon corps... un nouveau frisson parcouru mon échine et je sentis alors... il n'y avait plus les capteurs de Wire, la douleur m'apparut avec une violence brutale, je n'avais plus sur le dos que deux pointes d'auroferrite. Deux pointes qui continuaient à rayonner d'une énergie magnétique absolue : de multiples morceaux de métal y étaient collés, ce que me donnait presque l'illusion... de... les avoir... encore... mais... elles n'étaient plus là... je... il n'y a pas de mot... pour expliquer ce que j'ai ressenti...

Vu de l'extérieur, ça donnait une fille qui fond en larmes. Et parmi ce torrent de tristesse vinrent se mêler des gouttes de bonheur... de délivrance... d'accomplissement...

Daring se jeta sur moi et m'enlaça brutalement. Les Dragolithiques ôtèrent tous les débris qui m'entouraient et Lyra s'acharna à coller mille et une chose ductiles dans mon dos. Je n'avais aucune idée du pourquoi avant d'apercevoir du coin de l'œil ses sabots pleins de sang. Elle esquissa un sourire embarrassé en pressant contre mon dos.

J'en conclus qu'elle essayait de contenir une hémorragie... bon... je suppose je vais bientôt tomber dans les pommes...

Mes yeux tout embués arrivaient encore à distinguer les yeux de Daring, qui faisait tellement d'efforts pour me sourire. Un sentiment poignant me frappa au cœur, un sentiment très éloigné de la douleur ou de la colère, et un sentiment que je n'avais jamais connu jusqu'à maintenant en dehors du domaine aquatique :

« Maman... murmurai-je entre deux sanglots. J'ai peur... »

Maman posa un de ses sabots sous mon menton, puis de l'autre, elle prit son chapeau. Elle le déposa sur ma tête et enfin murmura à mon oreille :

« Tu ne pouvais pas l'avoir en même temps que tout le monde ? »

Elle m'embrassa le front, puis le black-out. Maman vous dira que je me suis écroulée dans ses bras, complètement inconscience.

***

Je rouvris les yeux une heure plus tard seulement, incommodée par une chaleur anormale. Il y avait un truc sur mon museau...

Je m'ébrouai dans un grand sursaut et découvris un bébé phénix apeuré en train de s'enfuir. Je le vis voler jusqu'à Lyra qui, apparemment étonné de le voir, se mit à embrasser le haut de son bec. Nous nous étions à peine éloignés de la pyramide, enfin de ce qui en restait...

J'étais allongée sur un brancard soutenu par deux dragons mastoc.

Non mais je rêve ! Je veux bien être une sentimentale, mais pas une handicapée !

Je me levai sous les visages abasourdis des dragons et boitai péniblement jusqu'à Lyra qui s'empressa de venir jouer ma cinquième patte, en grognant que j'étais une imbécile. Bientôt nous rejoignîmes Daring et Derpy, qui inspectaient leurs ailes devant un parterre de dragons. Le phénix revint se poser sur l'oreille de Derpy.

« Wild Leaf, je te présente Peewee, expliqua Lyra. C'est pour lui que Derpy et moi on était venus.

- Sans lui on vous aurait jamais rencontré, rit Derpy en glissant des fruits de la forêt dans le bec de l'oiseau. Dis-moi Lyra, on est d'accord qu'il avait été changé en pierre ? Comment ça se fait que...

- Eh bien, c'est sûrement un phénomène chimique provoqué par l'action de Wild. L'explosion a dû renverser l'ordre métabolisé des particules rocheuses pour... »

Lyra se stoppa au moment où moi, Daring, Derpy et tous les dragons la regardèrent d'un air déprimé.

« Je suppose que certains trucs sont vraiment magiques... conclut-elle avec un sourire.

- Mais ça veut dire, ajoutai-je, qu'il n'y a pas que Peewee qui...

- Elle s'en va ! » fit remarquer Daring en regardant le ciel.

Là-haut, dans le ciel d'une nouvelle matinée radieuse, une grande dragonne aux écailles blanches s'enfuyait effectivement en jetant de perpétuels regards vers l'arrière. Elle avait l'air bien plus désolée qu'en colère.

C'est alors que deux autres formes l'interceptèrent, une dragonne magenta suivie d'un dragon rouge. Et pendant que ce dernier craignait les représailles, Callisto discutait sans le moindre haussement de ton avec Cassiopée. Après quelques minutes, et après avoir tourné son regard vers moi, la dragonne blanche s'enfonça dans la jungle avec un sourire ému.

Callisto revint suivi de Garble et déclara :

« Elle regrette profondément ses actions et elle sait très bien qu'elle ne sera plus acceptée chez les Dragolithiques avant une longue période de pardon.

- Tu m'étonnes... grinça Garble. Elle voulait tous nous tuer !

- Pour une cause qu'elle croyait juste, rappela Callisto. On ne peut jamais savoir si une invention fera le bien ou le mal dans les bras de la personne à qui on la donne... »

Elle jeta un regard vers moi, puis se tourna vers les Dragolithiques.

« La prophétie n'était qu'une pure invention, une œuvre de dissuasion. Les personnes qui n'étaient pas assez nombreuses ou fières pour s'attribuer les rôle de héros, de divinatrice et de chevaucheur des vents n'osaient pas affronter les basilics de cette pyramide infernale.

- Attendez, vous voulez dire que je ne suis pas une chevaucheuse des vents ? soupira Derpy.

- Tu es mieux que ça, lui lança Daring avec un coup de coude. Tu es la sauveuse de toute la région.

- Tout ce que nous avons à savoir se trouve dans notre passé et dans notre science. Nous n'avons plus besoin du Serpent à Plumes d'Aurore. La preuve est que la pierre d'incantation plantée au milieu du Quetzamazone s'est volatilisée ! C'est un signe ! »

Je vis Lyra et Derpy partager un regard gêné. Qu'est-ce qu'elles avaient encore fait ?

« Wow, ça alors, s'exclama Derpy. Qu'est-ce qu'il y a comme magie dans cette jungle !

- Tu as une explication scientifique Lyra ? » demanda Callisto.

La jument fit mine de réfléchir et donna un coup de pied au phénix qui passait derrière elle. Celui-ci poussa un cri strident.

« Oh, vous avez entendu ? Je crois que le pauvre Peewee a hâte de retrouver sa maison ! C'est peut-être l'heure de partir non ?

- Et bien dans ce cas, pour un retour express à Ponyville, Garble et moi-même serions ravis de vous transporter avec grande joie.

- Oui, avec grande joie, sourit Garble. Euh... attendez... QUOI ? »

Callisto entraîna le dragon rouge à ses côtés. Finalement, il se résigna, peut-être pensait-il que ce voyage serait un bon moment pour charmer l'objet de ses désirs.

Lyra et Derpy saluèrent un à un tous les dragons. Et tour à tour, Daring et moi reçurent de chaleureuses embrassades. Elles me brisèrent le dos sans faire exprès et c'est à ce moment que ma mère m'obligea à remonter sur un brancard. Je me mis à bouder tandis que Lyra attendait Derpy.

En effet, celle-ci avait un dernier mot à glisser à l'oreille de l'aventurière, en conservant le secret :

« J'espère que vous avez l'intention d'écrire un bouquin là-dessus, madame A.K. Yearling.

- Je sais pas... répondit-elle tout aussi peu fort. Il faut demander à ma productrice... »

Daring se retourna vers moi, Lyra compris aussitôt et Derpy s'exclama :

« Aaaah, dit-elle. C'est donc elle votre productrice mystérieuse !

- Et plus que ça... ajouta Daring. En vérité, si je ne connais pas mes histoire par cœur, c'est parce que depuis quelque temps, c'est elle qui les écrit...

- Et oui, déclarai-je avec malice... je suis sa plume... »

Lyra ouvrit grand les yeux, elle regarda Derpy avec un sourire. Pour une fois, cette dernière semblait avoir tilté aussi.

« Daring Do, dit la licorne émerveillée en se retournant vers ma mère. J'aimerais éclaircir un dernier point... que signifie le A de A.K. Yearling ? »

Daring se mit à rire, comme si on venait de percer à jour son plus grand secret, mais après tout, ce n'était qu'un nom...

« Aurore... répondit-elle. Aurore Katia Yearling.

- La plume d'Aurore... » répéta Derpy en hochant la tête de haut en bas.

Quant à Lyra, elle ferma les yeux, radieuse et ravie d'avoir élucidé un nouveau mystère, avant de se diriger vers Callisto en chantonnant. Derpy, elle, recula vers Garble en nous faisant face et en applaudissant.

Callisto venait déjà de s'envoler, alors Garble qui ne voulait pas la perdre, attrapa Derpy par la queue et décolla. Celle-ci cria la tête en bas :

« À un de ces quatre ! »

Je souris en saluant la pégase. Et soudain, j'entendis un bruit métallique.

Je me retournais alors vers Daring Do avec un regard froid. Elle venait de coller un bouton de la manche de sa veste à mon reste d'aile magnétique.

« Je voulais vérifier que ça marchait toujours... » trouva-t-elle comme excuse, quand bien même j'avais deviné qu'elle voulait essayer ça depuis le début de cette aventure...

Il paraît que le voyage de Lyra et Derpy se déroula sans encombre. Mis à part que Derpy dut faire tout le trajet en vol toute seule parce que Garble préférait voler à l'envers tout près de Callisto. Je me demande s'il parviendra à la séduire un jour... Je lui accorderais bien une chance, il avait encore de la marge quand je pensais à mes parents qui ne pouvaient pas se rencontrer sans se cogner dessus...

Pour en revenir aux poneys, ils furent déposés à l'entrée de l'agglomération ponyvillienne, juste devant l'habitation d'une pégase jaune dont le nom m'est complètement inconnue et qui s'enfuit en voyant arriver deux dragons dans son jardin.

Après avoir fait leurs adieux à Callisto, récupérer la broche de Lyra des griffes de Garble et capturer Peewee dans une poigne magique pour ne pas qu'il s'envole avec les deux dragons, la licorne et la pégase se faisaient maintenant face. Un silence suivit, elles ne voulaient visiblement pas se quitter.

« Bon, eh bien... faut rentrer maintenant, commença Derpy.

- Oui... marmonna Lyra. Faut rentrer... »

Derpy pivota et commença à marcher. En son for intérieur, elle fut extrêmement heureuse que Lyra l'interpelle avant qu'elle ne parte :

« Hem, Derpy... j'ai... j'ai un concert à la fin de la semaine au Grand Opéra... et euh... Bon Bon peut pas venir parce qu'elle part à Canterlot pour son rapport mensuel en tant que truc que je peux pas te dire parce que c'est un peu top secret... mais du coup, je me disais que...

- Je viendrais te voir avec plaisir ! lança Derpy avec tellement d'enthousiasme que Lyra resta un peu perplexe. Euh... tu voulais m'inviter, c'est bien ça ? »

Lyra hocha la tête de haut en bas, toujours perplexe.

« Désolé, j'ai pas l'habitude... c'est pas souvent que les gens m'invitent. Je suppose qu'ils me trouvent... un peu trop maladroite.

- Si les gens te trouvent des défauts, c'est déjà qu'ils s'intéressent à toi, Derpy... et s'ils te trouvent des qualités... ça veut dire qu'ils commencent à t'aimer... »

Le nouveau silence gêné qui suivit fut coupé brutalement par les cris d'une jeune pouliche que Derpy connaissait bien.

« Ça c'est Dinky, marmonna la pégase. Elle a dû me voir revenir... faut que je rentre.

- Je suis sûre qu'elle peut être fière de la chevaucheuse du vent. » sourit Lyra.

C'est alors qu'on autre cri perça le silence, un cri un peu plus adulte mais tout aussi inquiet.

« Et ça c'est Bon Bon qui s'inquiète pour Peewee, plaisanta Lyra. Je ne suis même pas sûre qu'elle me demandera si je vais bien.

- Elle pourrait pourtant être très fière de la divinatrice de la prophétie...

- Derpy, il y a un moment que je voulais te poser la question... est-ce que Dinky est ta fille ?

- Est-ce que Bon Bon est ta femme ? répliqua Derpy du tac au tac.

- Oh, belle répartie, je m'attendais pas à ça, admis la licorne verte.

- Il paraît qu'on reproduit les comportements des gens avec qui on a passé un moment. J'ai limite envie de lire un polar là.

- Et moi d'essayer le strabisme divergent, mais je suis pas très douée pour ça. »

Lyra essaya de d'éloigner ses deux pupilles au maximum, Derpy éclata de rire, la licorne la suivit.

Bientôt, les voix de Dinky et Bon Bon se faisaient de plus en plus entendre. Les rires diminuèrent et les sourires s'agrandirent.

« Au plaisir, partenaire ! lança Lyra en avançant son bras sous le museau interloqué de Derpy.

- Ah, toi et tes rituels de bipèdes... » pouffa Derpy en lui serrant le sabot comme à un associé d'entreprise.

Après quoi, elles se tournèrent le dos, jetèrent un dernier coup d'œil derrière elles, et partirent en courant dans des directions opposées. Elles allaient rejoindre leurs vies, leurs aventures, peut-être moins énergiques que les miennes, mais j'en suis sûre, tout aussi passionnantes.

Mais un point doit sûrement éveiller votre curiosité. Comment pourrais-je connaître tous ces détails, moi qui n'ai jamais mis les sabots à Ponyville ?

Et bien, je n'ai jamais démenti que, dissimulée dans un buisson tout proche, une paire d'yeux vert chartreuse observait ses compagnons d'aventure...

« Qu'en dis-tu, ce serait pas mal pour terminer le nouveau livre d'A.K. Yearling, non ? dis-je à Daring Do qui extirpa ses jumelles des branchages et commençait à s'échauffer les ailes.

- Et comme d'habitude, je te laisse choisir le titre, Wild Leaf. » répondit-elle en me faisant signe qu'il était temps d'y aller.

Et elle passa une patte dans ma crinière, puis m'invita à la rejoindre à quelques mètres au-dessus du sol. Alors je déployai mes ailes et m'élevai doucement en riant comme si c'était mon tout premier vol.

Enfin, mes ailes... il s'agissait plutôt d'une sorte de moteur à hélice, fleuron de la technologie Dragolithique offert pour au moins me permettre de suivre Lyra et Derpy. Il fonctionnait à l'auroferrite. Nous avions compris que ce matériau était dangereux, mais aussi qu'on ne pouvait pas s'en passer, car ce qui est dangereux entre de mauvaises griffes peut accomplir de grandes choses dans de bonnes. Sans un danger initial, il n'y a rien qui ne peut avancer vers le meilleur.

J'avais un peu de mal à maîtriser cette nouvelle conception et je souhaitais au plus profond de moi qu'on me forge de nouvelles ailes un jour. Daring me tendit la patte pour m'aider. Et oui, ça c'est une vraie équipe d'aventurières.

Elle me fit un clin d'œil avant de m'entraîner en riant vers l'horizon, vers on-ne-sait-où : vers de nouvelles aventures palpitantes.

Comme aurait dit Wire : //operation;success *?-end.of.fiction* <<reboot{adventure_mind.exe}>> and... return_0...

Vous avez aimé ?

Coup de cœur
S'abonner à l'auteur

N’hésitez pas à donner une vraie critique au texte, tant sur le fond que sur la forme ! Cela ne peut qu’aider l’auteur à améliorer et à travailler son style.

Note de l'auteur

Ouch, j'ai mis du temps à le sortir celui-ci là. Mais je suis très content d'en être arrivé à bout et d'avoir fait plaisir à quelques lecteurs sur cette planète. Le truc c'est que je bosse comme un dingue et que faire des fictions n'est plus ma priorité dans mon temps libre. Je compte bien en faire d'autre, c'est sûr (et c'est presque prêt même) mais ce sera pas pour tout de suite...
Alors voilà, je sais pas si vous avez apprécié le multi-focus, le développement des personnages, l'histoire et les twists, mais je vous en mettrais plein la vue à la prochaine (spoilers : y aura du bon perso principal ce coup-là !) Aussi, il n'est pas exclu que je récupères les dragons pour un lointain projet futur... Bref, merci et bye-bye !

Chapitre précédent

Pour donner votre avis, connectez-vous ou inscrivez-vous.

Aucun commentaire n'a été publié. Sois le premier à donner ton avis !

Nouveau message privé