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MAI - My Arcane Intelligence

Une fiction écrite par lnomsim.

Chapitre 1 - The best day of MAI life

Chapitre 1 - The best day of MAI life.


* BIP BIP BIP *

6h00, j'arrête mon réveil d'une patte paresseuse et garde les yeux fermés, attendant tranquillement que les vingt prochaines minutes passent. J'ai horreur des lundis matin. En fait non, oubliez ça, je déteste tout les matins, et il n'y a pas de raison que celui-ci soit différent des autres.

Lentement, je retourne à mon sommeil en espérant que les prochaines minutes ne passeront pas.

* BIP BIP BIP *

06h10, Je suppose que c'est trop espérer. Je rêve de matins où je n'aurais pas à me réveiller. Vingt minutes, vraiment, c'est tout ce que je demande, seulement vingt minutes. J'ouvre les yeux et regarde l'heure. Oui, vingt minutes devraient le faire.

* BIP BIP BIP *

6h20, Bon sang ! J'ai dit vingt minutes, est-ce trop demander ? Parfois, je souhaite que mon réveil soit vivant, de cette façon je pourrais soulager mes pulsions meurtrières sur ce dernier. Une fois de plus, je l'éteins avec un sabot fatigué. Je tourne la tête afin que la lumière matinale ne vienne pas déranger le peu de sommeil dont je compte encore profiter. Laissant une longue trainée de salive sur mon oreiller et frottant gracieusement mon visage dans cette dernière.

Beurk ! Je crois que je m'en suis mis dans l'oreille. Je jurerais que les matins me détestent autant que je les aime. Comment un objet aussi simple qu'un réveil matin peut-il me dégrader avec ma propre salive ?

J'essaie d'en retirer autant que je peux avec mon sabot quand-

* BIP BIP BIP *

06h30, Génial ! Et voilà que disparaissent les dix dernières minutes qui auraient pu contribuer à mon sommeil. Mais bon, ce n'est certainement pas cinq minutes de plus qui vont poser un problème, si ?

Je coupe mon réveil définitivement. Je n'en ai que pour quelques minutes, je suis sûre que si je garde un œil sur l'heure, je serais capable de me lever à temps.

J'aime ce moment dans la matinée, même de la journée, le seul moment où le temps passe lentement et où je peux en profiter.

06h45, oubliez ça, c'était trop rapide et... mince ! Je suis en retard !

Je sors de mon lit en trombe et me retrouve instantanément sous ma douche. Si je fais vite, je suis certaine d'être prête à temps. J'ouvre le robinet et attend impatiemment que l'eau chaude daigne arriver. Bien sûr, elle est trop chaude, peut-être que je devrais ajouter un peu d'eau froide.

Ah ... Il n'y a rien de tel qu'une bonne douche chaude pour commencer la journée. Ai-je lavé ma crinière hier ? Peu importe, elle est toute ébouriffée et je suis sûre qu'un bon shampoing ne pourra pas lui faire de mal. Je coupe l'eau et commence à laver ma crinière et ma queue. Je déteste quand elles ont autant de nœuds, je me demande comment font les autres poneys pour garder les leurs lisses et soyeuses.

Crinière, fait. Queue, terminée. Je prends la bouteille de savon et m'empresse de me laver le reste du corps. Enfin, je rouvre l'eau et profite pour la dernière fois du flot chaud et confortable. Si je le pouvais, je passerai toute ma matinée sous la douche, ou dans mon lit.

Ah oui, j'ai dit une rapide ! Je sors de la cabine et commence à me sécher. Je me je me passe rapidement un sabot dans la crinière et regarde l'heure. Il n'y a aucune raison que je sois encore en retard après ça.

06h55, et mon travail commence à 7h00. Oui, j'en suis sûre, je peux le faire, je vais vraiment être à la bourre... Encore....

Vite ! Je prends ma sacoche et file vers la porte. Je l'enfilerai en chemin, je n'ai plus le temps de m'arrêter pour ça. Où ai-je mis mes clés ? Elles ne sont pas accrochées sur le mur ni posées sur la table. Je jette un coup d'œil dans mon sac, pas là non plus. Inquiète, je me tourne vers la porte et une pensée me traverse l'esprit. Mais non, il n'y aucune raison qu'elles soient là ?

J'ouvre la porte et regarde le trou de la serrure extérieure. Non pas qu'il y ait réellement un trou à voir, puisque tout ce qu'il y a, ce sont mes clés. Je ferme la porte et dévale les escaliers jusqu'à atteindre la sortie du bâtiment.

"Encore en retard gamine ? J'espère que tu n'as pas oublié de verrouiller ta porte cette fois, je ne peux pas passer derrière toi tout le temps."

"Désolé, Mme Key, je n'ai vraiment pas le temps, il faut que je me dépêche si je ne veux pas rater le dernier bus !" Je lui réponds en passant devant elle.

Mme Key est notre concierge. Enfin, c'est plus ma concierge puisque je suis la seule à vivre dans le bâtiment. Je me précipite vers l'arrêt de bus quand je l'entends crier derrière moi. "Tu l'as déjà manqué ! Le dernier est passé il y a cinq minutes !"

C'est dans ces moments là que je suis contente de ne pas habiter loin de mon lieu de travail. Je me prépare à repartir au galop, mais à quoi bon. Je suis déjà en retard, quelques minutes ne changeront rien. Ce n'est pas comme si un poney allait faire attention à mon absence.

Je marche donc le long des trottoirs de Ponyville, sur mon chemin vers Apple Tech où une journée de travail de neuf heures m'attend. Je déteste ce travail, mais ce n'est pas vraiment comme si j'avais eu le choix. Avec mon cursus et mon exceptionnelle motivation, je ne pouvais pas espérer autre chose que de travailler pour une des corporations. Apple Tech étant l'une des plus importantes de ma ville natale, et surtout la plus proche de chez moi, je me suis contentée de suivre le mouvement.

De manière générale, la plupart des Ponyvilliens suivant des études courtes finissent dans la compagnie, quand elle embauche.

Je ne dis pas que je ne voulais pas poursuivre mes études, mais la plupart des universités de la région sont à Canterlot. Cette ville est remplie d'uppers, et j'en prends les princesses à témoins, il n'y a rien que je déteste plus que les uppers. Ce sont les poneys ayant étés implantés avec les MAI les moins contraignants. Par exemple, l'endoctrinement a peu d'effet sur eux, et ils n'hésitent pas à l'exploiter à leur avantage. Je vais le dire franchement, la plupart d'entre eux sont des brutes ou des abrutis complets.

Non pas que cela affecte les autres poneys, les commoners. Si les uppers sont facilement haïssables et difficiles à supporter, les commoners sont ce qui se fait de plus ennuyeux. Et malheureusement, si vous n'êtes pas dans le premier cas, vous avez de très fortes chances d'être dans le second. Comment pourrais-je les décrire ?

Les commoners sont les poneys que l'on croise tout les jours; nos voisins, nos collègues, ceux dans la rue, à la télévision, en fait, quasiment partout. Si je ne suis pas en train de me faire crier dessus par un poney présomptueux et hautain, il ya de forte chance que j'ai une conversation ennuyeuse avec un poney produit en masse et standardisé. Car c'est ce que sont les commoners.

Je peux paraître dure en utilisant ces mots, mais ce n'est que la vérité. L'endoctrinement les prive de presque toute leur personnalité. Leurs ambitions, leurs envies, ce qu'ils aiment, ce dont ils parlent. Tout est programmé. Je parle à un commoner, et je peux être sûre d'avoir exactement la même conversation avec le reste d'entre eux.

Cela dit, il existe des exceptions, et je suppose que je devrais en être reconnaissante. Il existe différents types de MAI. Allant du plus élémentaire, qui vient avec de nombreux maux de tête et un lavage de cerveau complet, au nec plus ultra, sans douleur et avec une pression minimum sur l'esprit.

Alors oui, il ya des commoners avec lesquels on peut avoir des conversations normales. Mais probablement pas dans des villes comme Ponyville. La plupart d'entre eux vivent dans les grandes cités, là où sont les emplois bien rémunérés, et où l'on peut se payer ce genre de d'implant. Je suppose que nos managers doivent aussi avoir ce genre de MAI. Il me semble difficile de pouvoir superviser une équipe et de pouvoir s'adapter s'il n'y a aucune liberté de pensée.

Je ne peux pas en être vraiment sûre, en dehors de mes réprimandes pour mon travail et mes retards, je n'ai pas vraiment de conversations intéressantes avec mes responsables.

Apple Tech, m'y voilà. Et avec seulement quinze minutes de retard, je suppose que c'est un record. Mais comment font donc les autres poneys pour toujours être à l'heure, je n'aurais sans doute jamais réponse à cette question. J'entre tranquillement dans le bâtiment et me rend discrètement à mon poste. Comme je m'y attendais, aucun poney ne semble avoir remarqué mon retard.

Quoi que ce doit être dû au fait qu'il n'y ait aucun poney pour le remarquer. Je me demande où ils sont. Maintenant que j'y pense, je n'ai croisé personne depuis que je suis partie de chez moi. Ponyville a beau être une petite ville, il y a toujours de l'activité dans les rues le matin.

Peu importe, si quelqu'un a besoin de moi, ils sauront probablement où me trouver. Je m'assois à ma table de travail, et commence à sortir les plans et le matériel dont j'aurais besoin pour faire mes appareils.

La compagnie est spécialisée dans les appareils électroniques et arcanes. Des composants les plus basiques aux téléviseurs, en passant par les baladeurs. Le produit phare étant bien sûr l'ordinateur. Mais ce ne sont pas les produits sur lesquels je travaille. Non, l'appareil que je suis censé fabriquer est bien plus vendu que ces derniers, puisqu'en théorie, tous les poneys sont censés en posséder un.

Je dis censé parce que pour certaines raisons, il y a deux castes qui n'utilisent pas ce dispositif. La première sont les lowcasts, poneys dont les familles n'avaient pas les moyens d'acheter cet appareil à leur naissance. Il n'y a qu'un seul mot pour les décrire, benêts.

Les lowcasts ont un très faible niveau d'intelligence moyenne. Leur capacité d'apprentissage est si proche de l'inexistant qu'ils ne sont pas admis dans les écoles normales. Je ne sais même pas s'ils vont à l'école tout court. Habituellement, ils font les travaux requérant peu de compétences, ou les moins valorisants, voir les plus dangereux.

J'ai peut être une mauvaise opinion d'eux, mais honnêtement, c'est la seule raison que je vois pour qu'on tolère leur existence. Je n'ai pas vécu avec beaucoup d'entre eux, la plupart sont logés dans des centres spéciaux. Le peu de contact que j'ai avec eux est quand je les vois dans la rue ou que je dois me rendre à leur atelier.

Ca ne m'empêche pas de préférer faire la conversation avec un commoner. Les lowcasts ont beau ne pas être endoctrinés, ce n'est pas pour autant qu'ils ont plus de personnalité. Même le simple fait de devoir leur donner un ordre sonne pour moi comme une corvée. Je me demande parfois si à défaut d'être implanté, on ne les a pas lobotomisés à la naissance. J'ai même vu certains d'entre eux baver, le regard vide, perdu dans le grand néant.

Au final, ça n'a pas vraiment d'importance. Pour les poneys comme moi, bien que je doute qu'il y en ai d'autres, il est préférable de garder profil bas. Par conséquent, j'essaie de limiter au maximum mes contacts avec les autres. Techniquement, je suis une commoner, j'ai été implantée à ma naissance avec un modèle basique. Néanmoins l'endoctrinement n'a jamais eu d'effet sur moi. Si cela devait être découvert, j'aurais probablement des problèmes avec l'autorité.

Eviter la société est même devenu mon talent spécial. J'ai même reçu ma cutie marque au moment où j'ai décidé d'arrêter de me mêler aux autres; un nuage gris. Je dois dire qu'il fait un contraste magnifique avec mon pelage gris clair. Oui, mes couleurs sont aussi joyeuses que mon humeur et ma vie. Je suppose que je n'ai pas besoin de préciser que ma crinière est grise foncée et mes yeux bleus gris.

"FREE WILL !"

Le cri venant du poney à l'autre bout de l'atelier est celui de mon chef... Je n'ai aucune idée de son nom maintenant que j'y pense. Généralement je l'appelle juste 'chef', mais je suppose que ce doit être quelque chose comme Loud Voice ou Angry One. Je ne l'ai jamais entendu s'exprimer autrement qu'en criant. C'est un pégase plutôt robuste, probablement plus vieux que moi de dix ans. Il a un pelage blanc immaculé, une crinière grise et des yeux bleus profonds. Je pourrais presque le trouver attirant, s'il n'était pas aussi antipathique et bruyant. Au lieu de ça, à chaque fois que je le vois ou l'entends, je n'ai qu'une seule envie, me boucher les oreilles.

"FREE WILL !"

Tiens, d'ailleurs Free Will c'est mon nom. Oui, c'est ironique, s'appeler Free Will dans un monde où tout les poneys sont sous contrôle de l'esprit, mais bon, je ne l'ai pas choisi. Et ce n'est pas le pire, le fameux appareil sur lequel je travaille, ce n'est rien d'autre que le MAI. Je dois être le seul poney en Equestria à être libre de mes pensées, et je gagne ma vie en fabriquant l'objet responsable de l'endoctrinement de tout les autres.

* BLAM *

"Free Will !!" D'un sursaut, je me retourne et me retrouve museau à museau avec mon chef. Il vient juste de frapper des sabots sur ma table, m'hurlant dans l'oreille, et m'arrachant le tympan au passage

"Oui chef, qu'est-ce qu'il y a ?" Je lui demande en me frottant l'oreille gauche. Je doute de pouvoir entendre quoi que ce soit pendant un certain temps.

"Vous ne m'entendez pas quand je vous appelle ?!" Ses yeux sont emplis de rage, et il me crie sa colère tellement fort au visage que je vais devoir redéfinir le postillon. "Qu'est-ce que vous faites encore ici ?!"

Je le regarde avec un air incrédule plissant les oreilles pour me protéger du bruit et des projectiles indésirables. "Heu, je travaille ?"

"Dites-moi, lorsque vous êtes arrivée ce matin, à l'heure je présume-"

"Toujours chef !" Je l'interromps avec une fausse fierté.

"Oui, je suppose... Quand vous êtes arrivée, vous n'avez rien trouvé d'étrange ?" Me demande-t il avec un ton anormalement calme.

"Non ? Pourquoi j'aurais dû ?"

"Oh ?" Dit-il en haussant un sourcil d'un air faussement surpris. "Vous trouvez normal qu'aucun de vos collègues ne soit à son poste ?"

"Ah, ça ? Je croyais que j'avais tellement d'avance qu'ils n'étaient pas encore arrivés." Je lui réponds sarcastique.

"ASSEZ AVEC VOS PLAISANTERIES !" Me crie-t-il en guise de réponse. Puis il reprend son calme. "Vous n'avez vraiment aucune idée d'où ils sont n'est-ce pas ?" Me demande-il exaspéré.

"Pas la moindre, je devrais ?" Je lui demande surprise.

Il prend sa tête dans ses sabots en soufflant. Lorsqu'il reprend la parole, je peux sentir sa colère revenir peu à peu. "Vous n'avez donc prêté aucune attention à ce qui se passait ou se disait autour de vous ces dernières semaines ?"

"Je dois bien avouer que j'étais assez occupée avec mon travail et mes affaires pour faire attention à ce que les autres disaient."

"Est-ce que vous êtes sérieusement en train de me dire que vous n'êtes pas au courant que les Princesses nous rendent visite aujourd'hui ?"

Maintenant qu'il en parle, c'est vrai que je l'ai peut être lu sur une note de service. Et entendu à la radio, et vu à la télévision. Et c'est probablement pour ça qu'il y a cette banderole sur la façade du bâtiment. Parfois, je devrais vraiment faire plus attention à mon entourage. On dirait bien que je ne peux pas me passer de mes mauvaises habitudes.

"Je viens de m'en rappeler," je lui réponds. "Mais je croyais qu'elles ne devaient venir que dans une heure ?"

"C'est le cas, mais tout le personnel doit subir un check-up de leur MAI avant la rencontre. On ne veut pas que les Me perturbent l'évènement."

Ca y'est, maintenant je sais pourquoi j'ai oublié. Tout simplement parce que venir travailler aujourd'hui est probablement l'idée la plus stupide que j'ai jamais eue. J'ai même un mot du médecin me faisant porter malade. Un check-up est la pire chose qui puisse m'arriver. S'ils découvrent que le module d'endoctrinement de mon MAI ne fonctionne pas, je suis foutue.

"J'ai vraiment besoin de subir ce contrôle ?" Quitte à tout perdre, je tente le tout pour le tout. "En fait, c'est embarrassant, mais je n'ai jamais eu de contrôle." Il me fusille du regard. "Comprenez-moi, je ne suis pas vraiment à l'aise avec l'idée qu'un poney trifouille mon cerveau juste avant de rencontrer les princesses."

Il soupire et se frappe le front de son sabot, j'ai probablement franchit une nouvelle étape dans son exaspération. "Vous savez, je crois que je n'ai jamais rencontré un poney comme vous avant. Vous n'avez pas de vie sociale, vous êtes toujours en retard, vous avez un nom suspect, des couleurs banales, et vous n'avez jamais fait contrôler votre MAI. Parfois, je pourrais parier mes ailes que vous êtes une Me."

"Hé ! Je n'ai pas choisi mes couleurs !" Je lui réponds outrée.

"JE N'AI RIEN A FAIRE DE VOS COULEURS !" Me hure-t-il. "ALLEZ FAIRE CE CHECK-UP, TOUT DE SUITE !"

Ok, ok, pas besoin de crier. Je vais probablement être sourde pour les prochaines minutes à venir. Il prend les devants et me guide vers l'aile technique, je le suis d'un pas incertains, le sifflement de mes oreilles me faisant perdre l'équilibre. Enfin, nous arrivons devant l'un des ateliers en même temps que je retrouve mes sens.

"Allez-y, lorsque vous aurez terminé, rejoignez nous à l'amphithéâtre. C'est là bas que les princesses nous rencontrerons. J'espère que vous serez à l'heure, pour une fois." Sur ces mots, il me tourne le dos et disparaît au coin d'un couloir en s'éloignant.

Décidément, les princesses prennent cette rencontre vraiment au sérieux. Je ne pense pas qu'il y ait vraiment besoin de gardes devant la porte d'un simple technicien. Je m'approche et ils ouvrent la porte en me faisant signe d'entrer. Il semblerait qu'il n'y ait plus d'échappatoire.

Je prends un grand bol d'air et avance vers mon destin d'un pas hésitant. Je stoppe net quand je comprends la présence de la garde royale. A l'intérieur, au lieu d'un simple technicien et ses outils censés jouer avec mon cerveau, je les trouve accompagnés par rien de moins que la princesse du soleil et de sa sœur pour me recevoir. C'est fixé, toute chance de m'en sortir m'a abandonnée.

"C'est un honneur de vous rencontrer, Princesse Celestia, Princesse Luna," dis-je avec inquiétude. Je ne sais même pas si je dois m'agenouiller ou non. La bataille pour savoir fait rage dans ma tête alors que je tente de trouver la meilleure façon d'agir dans cette situation. Enfin, c'est l'agenouillement qui l'emporte.

"Le plaisir est partagé." C'est la plus douce des voix que je n'ai jamais entendu, semblant venir tout droit d'Elysium. Entendre parler Princesse Celestia à la radio ou la télévision est une chose, mais l'entendre en personne me suffit pour m'envoyer aux cieux. "Vous êtes la première jument terrestre que nous voyons aujourd'hui, vous devez être spéciale pour travailler ici ?"

Maintenant qu'elle le mentionne, il est vrai que dans la mesure où la société fabrique essentiellement des appareils arcanes, la plupart des employés sont des licornes. Exceptions des managers qui sont également des pégases.

"Vous avez probablement raison," je lui réponds, toujours en m'inclinant. "Néanmoins je ne vois pas ce que j'ai de si spécial. Je pense plutôt que c'est lié à notre PDG. Avoir des poneys terrestres comme elle ne peut qu'améliorer l'image de la compagnie."

"Vous... pensez ?" Fait remarquer Princesse Luna.

Oh mince ! Je dois faire plus attention à ce que je dis à partir de maintenant. Si je continue sur cette voie, il n'y aura même pas besoin de me contrôler pour que je sois découverte.

"Je crois que je commence à comprendre ce qu'il y a de spécial en vous," dit Princesse Celestia de sa voix douce. "Vous pouvez vous relever, ce ne doit pas être confortable de parler dans cette position."

Elle n'a pas idée. Je ne suis certainement pas un poney souple, et ma meilleure position est droite sur quatre sabots. Ou couchée dans mon lit. Oui, probablement la dernière. La bonne nouvelle, c'est qu'elles ne semblent pas prêter beaucoup d'attention à mon lapsus.

Je lève la tête et déplie mes pattes avant. Maintenant, je peux avoir une meilleure vue des deux déesses. Princesse Celestia est debout en face de moi, un sourire chaleureux sur ses belles lèvres, me réchauffant avec son merveilleux regard tandis que sa crinière éthérée donne à la pièce les couleurs et la fraîcheur qui lui manque.

Quant à Princesse Luna, elle est assise en retrait, dans une pose fière et un regard sévère sur son visage, ce dernier semblant me jauger. Quand je regarde ses yeux, je peux presque la sentir scruter mon âme, et elle semble plutôt mécontente de ce qu'elle voit. Elle arrête de soutenir mon regard avec un "hum" hautain. Quand je reporte mon attention sur Princesse Celestia, je sens son regard scrutateur retourner vers moi. Elle a un don pour me faire sentir mal à l'aise.

"Ma Sœur", dit Princesse Luna. "Nous devrions commencer le test, si elle est l'une d'entre eux, nous ne sommes pas sûr."

"En effet Luna, nous pouvons commencer." Puis princesse Celestia se tourne vers moi. "Je n'ai pas saisis votre nom ?"

"Free Will, Princesse Celestia, mon nom est Free Will."

"Oh ?" Dit-elle en haussant un sourcil. "Ce n'est pas un nom commun par ces temps."

Princesse Luna d'un autre côté semble plus ennuyée que surprise par ma réponse. Mais si elle a quelque chose à dire, elle ne le fait pas et continue de me dévisager.

"Je ne l'ai pas choisit, Princesse," je lui réponds.

"Oui, je suppose," un petit rire s'échappe de sa magnifique gorge, et son petit sourire est tout ce qu'il me faut pour me réconforter. "Mais s'il vous plaît, il n'est pas nécessaire d'utiliser mon titre à chaque fois que vous vous adressez à moi."

"Veuillez m'excuser, je croyais que c'était la bonne façon d'agir."

"Ma sœur, je ne pense pas que le test soit nécessaire," nous interrompt Princesse Luna sans me lâcher du regard. "C'est la deuxième fois qu'elle le dit, et elle porte le nom. Il ne peut y avoir aucun doute, elle est l'un d'entre eux."

Princesse Celestia se tourne vers sa sœur en gardant son air bienveillant. "Luna, depuis quand jugeons-nous nos sujets de la sorte ?" Elle prend une pause et me regarde. "Et aussi longtemps que je me souvienne, être un... Me n'est pas un crime. Dites-moi, quelle est votre opinion à ce sujet mon petit poney ? Laissez parler votre esprit."

"Je ne peux pas être d'accord avec vous Princesse Celestia. Comment un groupe de poneys qui en foalnappent d'autres pour désactiver ou retirer leur implant contre leur gré peuvent être considérés autrement que des criminels ? Vous voulez mon avis ? A mes yeux, les Me sont seulement un groupe de terroristes psychopathes. Je ne peux même pas imaginer un monde sans le MAI. Tout ce qu'ils savent est apporter le chaos, je ne pense pas qu'ils puissent apporter quoi que ce soit de bon."

Le regard soupçonneux que me lance Princesse Celestia et le visage triomphant de Princesse Luna m'indiquent que je viens de faire la plus grosse erreur de ma vie. Puis la princesse blanche interrompt ce silence délicat en s'adressant à sa sœur.

"Tu vois Luna, nous n'avons rien à craindre d'elle, je te l'avais dit. C'est elle que nous recherchions." Elle retourne son attention vers moi. "De toute évidence, vous n'êtes pas une Me. Mais puis-je vous demander pourquoi vous n'êtes pas endoctrinée ? Votre dossier dit que vous êtes une commoner."

Si seulement je le savais. Pour l'instant, tout ce que je peux faire, c'est me sentir très mal à l'aise et donner aux deux déesses le meilleur de mes regards inquiet. Vraiment, je ne me sens pas très bien, je peux sentir mon cœur battre douloureusement dans ma poitrine, La sueur commence à me couler le long du visage, me brûlant les yeux. Je n'ai qu'un seul désir, être loin d'ici, dans le calme d'un endroit paisible. Mon lit est un bon candidat, n'importe où, mais hors de cette salle.

Je déglutis bruyamment, oreilles plaquées contre ma nuque, "Je ... Je ..." Je regarde frénétiquement autour de moi pour trouver une solution, et la seule chose que je peux voir, c'est ce poney solitaire qui a assisté à toute la scène sans dire un mot. Le technicien probablement. S'il n'était pas en train de trafiquer quelque chose sous sa blouse, je ne l'aurais probablement pas remarqué.

"Cela ne prouve rien." Princesse Luna me sort de ma transe paniqué. "Ne laisse pas ta bonté t'aveugler Ma Sœur, elle pourrait nous tromper en se jouant de nous."

"Regarde-la Luna, a-t-elle l'air de simuler ?" Lui demande Princesse Celestia.

L'alicorne sombre laisse tomber son masque accusateur et regarde sa sœur l'air déroutée. "Eh bien ... Non, elle n'en a pas l'air, mais comment peux-tu en être si sûr ? Nous avons attendu si longtemps. Et ce n'est pas le moment de donner notre confiance à une jument seulement parce qu'elle semble paniquée. Je pense que nous devrions-"

Elle n'a pas le temps de finir sa phrase qu'une lumière aveuglante inonde la pièce. Une forte détonation résonne dans mes oreilles, et un choc violent me projette hors du sol. Le monde disparaît dans le néant avant même que je retombe.

*****

Aouch ! C'est probablement le pire des maux que je n'ai jamais eue. La douleur qui parcourt mon corps de ma queue à ma tête est insupportable. Ces secousses ne font rien pour arranger les choses. Avec grande peine et douleur, je tente d'ouvrir mes yeux. J'ai le souffle coupé quand tout ce que ces derniers peuvent voir sont des ténèbres floues. Cela me fait tousser et je me sens un liquide chaud s'échapper de ma bouche, c'est du sang?

Mon cerveau semble flotter dans une brume de douleur et de confusion. Je peux sentir le sang venant de mes oreilles aussi. Peu à peu, le sifflement et le bourdonnement qui vrillent mon crâne s'atténuent et je commence à retrouver mes sens. Je peux entendre le son étouffé de sabot contre le sol en même temps mon corps heurte quelque chose de dur et très inconfortable. Est-ce une colonne vertébrale ?

Il semblerait que je sois en trains de me faire porter par un poney au galop. Je me demande ce qui est arrivé aux princesses. Et d'où vient toute cette douleur ?!

"Traumatisme Post explosion, le choc de l'explosion peut provoquer des troubles auditifs temporaire et des lésions de la vision."

Quand je disais qu'il existe différents types de MAI, le mien possède une voix. Heureusement, je ne l'entends que très rarement. C'était donc une explosion. Je suppose que je devrais être reconnaissante d'être encore en vie. Même si je pense que la mort pourrait être un réel soulagement comparé à la douleur.

Mon sauveur a dû sentir que je suis éveillée puisque que nous avons cessé de bouger. Je sens ses dents tirer sur ma crinière, et il me jette violemment contre le sol. Peut-être pas mon sauveur finalement. J'essaie à nouveau d'ouvrir les yeux, et tout ce que je peux voir, c'est un sabot venant droit sur mon visage. Et les ténèbres, encore une fois.

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Note de l'auteur

Bêta-lecteur: Py7thon

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Xenophylia
Xenophylia : #43580
Je l'avait promis, la voici, la grande et puissante "Rétrospection" !
Je vais tenter de faire comme si j'avait pas lu les autres chapitre et essayer d'être le plus neutre possible ^^.
par contre, même si je vais tenter de l'éviter, ça risque de méchamment spoil, donc à lire avec prudence, toi le petit nouveaux qui vient de découvrir cette (génialissime) fanfiction =).

C'est le 1er chapitre, on introduit le personnage principale, le contexte et tout et tout.
ce qui est bien, c'est que notre héroïne, bien qu'elle décrive le monde comme étant totalement soumis à une sorte de force d'endoctrinement avec un système de classe social assez divisé, elle semble... terriblement banal. et c'est génial, par ce que je ne peut m’empêcher de m'attacher à elle, surtout vu ce qu'elle va subir ^^'.
en fait, je la voit comme une personne totalement étrangère a ce qui l'entoure, ça aurait très bien put être n'importe qui d'entre nous, qui se retrouverai catapulter dans une dictature élitiste, mais qui s'en ficherait royalement de ce qui arrive au monde.

à vrai dire, j'ai pas grand chose à dire sur le 1er chapitre. c'est bien écrit, on va droit au but et on nous explique le contexte. je vais donc passer directement au petit détails, parce que pinailler, c'est ma passion.

déjà... peut-être nous dire quand l'histoire se passe. je sait que c'est dans le résumé général (300 ans après Twilight), mais bon, si quelqu'un le zap, il risque d'être paumé au début.
ensuite, ce que je ne comprend pas, c'est que les lowcast n'ont pas d'implants, et son pourtant considéré comme idiot, voir mentalement déficient. or, ben si ils sont pas endoctriner, ils sont censée, je sait pas... être au moins 'normaux' ? je sait que le mai offre des connaissances importantes (dit dans quelques chapitre de la), mais une explication plus concrète serait la bienvenue.

voila voila, à part ça c'était un chapitre ma foi bien sympathique, et qui n'est que le début d'une incroyable saga =)

P:S: quand au technicien qui est avec les princesse... mouai mouai mouai, j'ai bien m'a petite idée de qui ell.... il pourrait être X).
Modifié · Il y a 1 an · Répondre
DarkNight
DarkNight : #5108
Beau début !
Il y a 3 ans · Répondre
Vocarin
Vocarin : #315
j'aime bien, c'est un début sympa
Il y a 4 ans · Répondre

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