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Un croûton, sa collègue, une prin [...]

Une fiction écrite par Smartycrouton.

Un croûton, sa collègue, une princesse et des bûches

Il faisait nuit à Canterlot. Les rues étaient vides et enneigées. Seules quelques maisons émettaient encore de la lumière, bien que la plupart des volets de la ville soient clos. Luna, de son balcon, espionnait les quelques poneys qui traînaient encore dehors à cette heure. En somme, la normalité régnait en maître sur cette nuit d'hiver. C’était une nuit d'hiver normale. Une nuit qui précédait Noël, certes, mais une nuit d'hiver normale tout aussi normale qu'une autre nuit d'hiver normale.

En cette nuit d'hiver normale, deux poneys, repondant aux noms de Smarty Crouton, boulanger de profession, et Happy Seed, boulangère à la solde du boulanger, revenaient d'une soirée. Une soirée normale pour poneys normaux lors d'une nuit d'hiver normale. Seulement, c'est en ce moment ô combien normal que le destin – ce petit farceur sadique qui prenait alors les traits de notre très chère Princesse – ordonna qu'il serait bon de pimenter la vie de ces deux jeunes gens. Il fallait juste attendre le bon moment pour incorporer à leur soirée une « Luna's touch ».

Le problème avec les plaques de verglas, c'est qu'elles se font remarquer seulement lorsqu'un malheureux met le sabot dessus, et en cette nuit d'hiver normale, Mr.Crouton ne fit pas exception à la règle. Il n’eut pas le temps de s’écrier « Trenderhoof » qu'il se retrouva les quatres fers en l'air. Sa tête tapa contre le sol et brisa la pauvre plaque de verglas qui avait enfin accompli sa destinée. La boulangère avait tout vu mais n'avait réagi que lorsqu'elle vit du sang couler sur la glace. Elle l'avait alors pris dans ses bras, puis dorloté pour le réveiller. Il ne voulait plus ouvrir les yeux quand, pouf ! Luna's Touch !

Tel une pietà prenant son poulain entre ses pattes, elle l'avait dans les siennes. Le pauvre bougre n’émettait ni son, ni souffle. Happy dut prendre son courage et le visage de son patron à deux sabots. Paf ! Une baffe pour le réveiller ! Pouf ! Une deuxième pour qu'il rouvre les yeux. À la troisième, le corps qu'elle tenait entre les pattes se remit à bouger, mais elle était trop bien partie pour s’arrêter en si bon chemin. Bim ! Une quatrième pour cette semaine de vacances qu'il n'a jamais voulu lui accorder. Pif ! Une cinquième pour la fois où il lui avait fait ranger tout le magasin. Bam ! Une sixième pour la bonne cause. Un sabot arrêta le septième coup. Smarty était en vie, bien amoché, groggy, un coquard lui entourant l’œil, mais bien en vie quand même.

Luna, de son balcon, entendit sa sœur arriver. La grande princesse lui demanda de venir essayer les robes pour le grand banquet de Noël. Luna cligna des yeux, un halo violet entoura sa corne et Celestia s’endormit sur le coup. Elle retourna à son balcon pour voir où en étaient ces deux poneys. L'une tenait l'autre pour le faire trotter jusqu'à leur boulangerie. Avant qu'ils y arrivent, cela lui donnait le temps de transporter le corps de sa sœur dans son lit. Elle n'allait pas laisser une princesse dormir sur un tapis, non ? Bien sûr, elle en avait marre d'elle. D'elle et de tous ces chichis juste pour une malheureuse fête en prévision des festivités de fin d'hiver – Winter Wrap Up, Winter Wrap Up ! On la faisait essayer des robes, goûter du gâteau jusqu'à en vomir et retenir le nom de tout le gratin d'Equestria invité à la fête. Si elle avait su plus tôt le type de tortures cosmétiques qu'elle devait endurer, elle serait restée sur sa lune.

Une fois rentré à la boulangerie, Smarty ne chauma pas. Il avait retrouvé ses facultés et pouvait se remettre à trotter sans l'aide d'une béquille équine. Sous les regards de sa congénère, il trifouilla dans un grand placard. Il lança deux trois saladiers sur une grande table, sortit planche à découper, cuillère, racloir, verres doseurs et autres ustensiles à l'utilisation insoupçonnée par le commun des mortels. M. Seed, interloqué, lui posa la fâcheuse question du « Mais tu fais quoi ? » On lui répondit que Luna, la grande et puissante princesse de la nuit, lui était apparue lorsqu'il était comateux. Elle l'avait pris par les joues et lui avait demandé de créer une bûche de Noël pour son royal palais. Happy aurait pu s'opposer à cette étrange commande mais elle se sentait tellement légère après sa séance de punching-ball équin qu'elle ne fit rien.

« Happy, prends une feuille et note. Pour quatre poneys, il faut quatre œufs, cent quarante grammes de sucre, cent de farine, onze de levure, deux cent cinquante de chocolat et deux cents de beurre. Sachant qu'une princesse doit avoir l'habitude de se goinfrer, tu vas me multiplier tout ça par deux, ok ? Bon, il nous faudrait aussi quelques bidules pour décorer et un peu de sucre glace, toujours pour la décoration. On lui emballera le tout dans un joli paquet cadeau comestible !

-Mais ce n'est pas possible Smarty !

- Appelle-moi Chef !

- Ok. Mais ce n'est pas possible Chef !

- Non, ça sonne mal, appelle-moi Smart...

- Je m'en lustre la crinière, réponds à ma question !

- Ok, ok... Hum hum... Si c'est possible, crois-moi, je te parie que je réussirai à en faire un, ok ?

- Ok ! »

Ils lancèrent tous les ingrédients sur la table et commencèrent à faire la cuisine. Après quelques minutes passées au fourneau, Smarty, pour des raisons personnelles qui ne regardaient pas Happy – et puis c'est tout, nha – abandonna l'idée de faire un papier cadeau comestible. Au bout d'une petite heure, la bûche trônait fièrement sur la table, belle, chocolatée et cruellement appétissante. Les deux compères avaient fait du bon travail. Smarty voulut souffler un coup mais fut pris de spasmes avant de tomber dans les vapes. Quelques secondes plus tard, il se releva et tapa du sabot sur la table. « Luna n'aime pas le chocolat, m'a-t-elle dit ! » Happy sortit, se dégourdit les pattes et cria un énorme « SALOPE ! » en direction de balcon royal. La Lune quitta d'un seul coup son orbite. « Ok, j'ai rien dit... » Et l'astre revint à sa place.

Ils se remirent au travail et sortirent du four une magnifique bûche aux fruits de la passion. On retomba encore dans les pommes, Luna n’aimait pas les fruits de la passion – aussi, personne n'aime les fruits de la passion. Ils en firent une aux fruits rouges. Trop grosse. Ils la refirent moins grande. Trop petite. Ils jetèrent tout et firent une bûche à la vanille. Elle n’était pas assez colorée. Plus les demandes défilaient, plus la bosse que se faisait Smarty à chaque coma contre le sol grossissait. Happy, pourtant si joyeuse d'avoir pu régler ses comptes avec son patron, voyait une veine écarlate et palpitante grossir de par-dessus son front. À chaque lubie de la princesse, l'une tombait un peu plus en dépression et l'autre dans les pommes. C'est au moment où elle ordonna de tout refaire car le chocolat, c’était pas si mauvais en fin de compte, que tout partit en vrille. La boulangère prit la bûche entre les pattes et l'envoya contre la vitrine du magasin, la recouvrant d'une crème pralinée et onctueuse. Le patron, lui, ne fit pas une crise de nerfs, préférant tomber raide mort par terre, épuisé par le travail qu'on venait de lui faire faire – et par les quelques coups qu'on lui avait donnés mais ça, il ne faut pas le dire. Dans son coin, Happy détruisait de rage chaque parcelle de la boulangerie. Au bout d'une petite heure de chaos, elle se décida qu'il serait temps d'amener son patron à l’hôpital et d’arrêter de tout saccager.

Luna, de son balcon, se tordait de rire. Elle n'avait pas cru une seconde pouvoir arriver à de tels extrêmes. Elle dut passer son sabot sur son visage pour essuyer ses larmes. À ce moment même, on entendit Celestia crier depuis sa chambre. Des pas lourds tapaient de plus en plus fort vers le balcon où se trouvait Luna. La porte s'ouvrit d'un coup sec. Celestia prit sa sœur par le bout d'une oreille et lui ordonna de tout lui expliquer et d’arrêter de faire son poulain. Un soldat qui passait par là crut au retour de Nightmare Moon. Il prit ses pattes à son cou et galopa le plus loin possible d'ici. Luna cligna des yeux. Sa sœur retomba sur le coup. Elle devait être tellement fatiguée par les organisations que c'en était devenu un jeu de poulain de la manipuler. Le garde revint devant la salle avec deux autres soldats. Les trois virent la scène. Deux tombèrent dans les pommes sur le coup. La corne de Luna s'illumina. Le troisième garde fut pris dans les pattes de Morphée. Elle se rendit en cuisine, prit une bûche et l'enveloppa dans un colis. Elle prit une carte, y écrivit quelques mots et ordonna à un garde d'aller livrer ça. Elle entendit sa sœur hurler son nom. Elle arracha le colis des pattes du soldat et griffonna une nouvelle phrase. Elle prit le tout avec la bouche et galopa hors du château.

Quand Smarty se réveilla, il avait un bandeau autour du crâne et était allongé dans un lit d’hôpital. Lorsqu'il ouvrit un œil, une infirmière – une pégase obèse – lui fourra une pilule dans le gosier. Happy, quant à elle, serra son patron entre ses pattes. Il lui demanda ce qui était advenu de la boulangerie. Ce fut l’infirmière qui répondit en affirmant que son amie leur avait tout expliqué au sujet des casseurs qui étaient venus dans la boulangerie pour tout détruire et le tabasser. Happy acquiesça. Smarty la défigura. Happy sortit une pièce. Smarty confirma. Une détonation se fit entendre. Plusieurs infirmières et médecins firent interruption dans la chambre. « Joyeux noël ! » criaient-ils tous. L'un d'entre eux déposa un colis sur le lit du boulanger avant de repartir de la salle avec l’infirmière et ses autres collègues. Les deux comparses ouvrirent le colis. C’était une bûche. Un bûche de noël accompagnée d'un petit papier.

« Encore désolée mais vous savez, la vie d'une princesse est si ennuyeuse !

Luna

PS : Attendez-moi. »

Les deux poneys relevèrent la tête et virent, à l'entrée de la salle, la jument lunaire. Entre deux souffles, elle put articuler « Joyeux Noël ! »

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Note de l'auteur

J'aimerais faire une dédi à tout plein de monde !

Au staff de Le Poney Blanc – et en particulier Luzia –, pour avoir organisé le concours dans lequel j'ai mis en compétition cette fic et sans lequel je n'aurais jamais eu l'idée de l’écrire. D'ailleurs, j'ai gagné le concours, donc encore plus de bisous !

À Dan, qui a perdu sa rétine à me corriger. Je crois qu'il ne voit plus très bien depuis. Bon, après il s'est vengé en me décrivant chaque faute avec une petite pointe de sadisme, donc on est quittes. Par contre, vu que j'ai réécrit quelques phrases après sa correction, il se peut qu'il persiste quelques fautes mais voilà, on ne va pas chipoter pour si peu, non ? ^^

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Acylius
Acylius : #13278
Monsieur et Madame "Encore" ont un fils.
Jean-Henri
Il y a 3 ans · Répondre
CompteSupprimé
CompteSupprimé : #13173
Hahaha, j'en ris encore x)
Il y a 3 ans · Répondre
constantoine
constantoine : #13157
Énorme ! J'ai rigolé jusqu'au bout.
Il y a 3 ans · Répondre

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